Affaire « il n’y a pas de détenus politiques »

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Affaire « il n’y a pas de détenus politiques »
La Société civile répond au Procureur Adou Richard

Dans un entretien accordé à Rfi le mercredi 25 avril 2018, le Procureur de la République Adou Richard a soutenu, à l’instar de certains membres du régime, que les détenus proches de Laurent Gbagbo sont loin d’être des détenus politiques.

je n’en connais pas. La communauté internationale tant la communauté nationale a dénombré au cours de cette crise 3000 morts. Alors, je ne sais pas. Nous, on poursuit de personnes qui ont causé des morts. Nous, on poursuit qui ont violé, qui ont assassiné, qui ont incendié des domiciles. Si incendier un domicile est un délit politique, effectivement c’est le cas. Mais si on estime que tuer une personne, violer une femme n’est pas un délit politique , nous ne poursuivons pas des personnes pour leur bort politique » a expliqué le Procureur Adou Richard. Ajoutant que les procédures judiciaires prennent du temps, parce que,selon Adou Richard, « la justice n’est pas expéditive ».

Mais pour le Collectif des femmes et parents des détenus politique (Cofed), une organisation de la société civile qui lutte pour les détenus de la crise post-électorale, la sortie du Procureur n’est qu’une déclaration de nature à travestir la réalité des faits depuis le 11 avril 2011. « Nous pensons que le procureur en faisant cette déclaration fait acte de mauvaise foi. Alors que chaque jour le gouvernement parle de réconciliation et de pardon, lui, il vient mettre le l’huile sur le feu.

Comment appelle-t-on une personne qui a seulement participé à une marche de protestation et qui par la suite se retrouve en prison? Nous voudrions bien que procureur nous dise où se trouve le crime? Et celui qui était simplement un militaire et qui a défendu sa patrie et qui est condamné à 20 ans ou plus ?.

Il temps de mettre balle à terre car nos parents ont trop souvert et continuent de souffrir », a répliqué Simone Datte, présidente du Cofed. Pour réfuter l’opinion du Procureur qui dénie l’existence des détenus politiques , la présidente du Cofed cite des cas tangibles de détenus pour des raisons hautement politiques. « Prenons le cas des ministres Assoa Adou, Lida Kouassi. Ces personnalités ont violé qui? Qui ont-ils assassiné? Quel domicile ont ils incendié? Samba David, Edi ossohou et les autres. Qu’est-ce que ces personnes ont fait? Nous posons ces questions au procureur parce que nous sommes intrigués de voir des pères de famille qui sont loin des siens depuis 7 ans, loin de l’éducation de leurs enfants et de leurs épouse. C’est ahurissant et il faut qu’ils arrêtent d’empirer la situation », a-t-elle martélé.

Marcel Dezogno
#COFED

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