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Le coup d’état du Burkina opéré avec « le regard bienveillant » de Ouattara

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Alassane Dramane Ouattara

Il a l’air un peu perdu dans son treillis trop large pour sa longue silhouette de près de 2 mètres. Assis aux côtés de l’ambassadeur américain, le général Gilbert Diendéré tente de conserver sa dignité d’officier dans le salon VIP de la salle des banquets de Ouaga 2000. Le bâtiment a été inauguré le 8 juin 1998 pour un sommet de l’Organisation de l’unité africaine. Ce même jour, le dictateur nigérian Sani Abacha rendait la vie, officiellement d’une crise cardiaque, selon d’autres versions d’une overdose d’aphrodisiaque en compagnie de deux prostituées. Ces deux « généraux présidents » n’ont que la pratique du coup d’Etat en commun. Dans un exercice de repentance, le général burkinabé a reconnu que son « plus grand tort a été d’avoir fait ce putsch ». « Aujourd’hui, quand on parle de démocratie, on ne peut pas se permettre de faire des actions de ce genre. »

Mercredi 23 septembre, le chef de l’éphémère « Conseil national pour la démocratie », qui n’aura vécu qu’une semaine, a été tenu à l’écart de la cérémonie de « restauration des autorités de transition » du Burkina Faso. Les honneurs étaient alors pour Michel Kafando, le président intérimaire, qui s’en est pris à « l’acharnement des forces du mal ». Les chefs d’Etat du Bénin, du Niger, du Ghana et le vice-président du Nigeria avaient fait le déplacement pour l’occasion. Pas le président sénégalais, Macky Sall, dont la médiation a totalement échoué après qu’il a proposé d’accéder à l’ensemble des revendications de la junte militaire.

Ennemi intime du général Diendéré, le lieutenant-colonel et premier ministre Isaac Zida, natif, comme lui, de la ville de Yako et issu, également, des rangs du Régiment de sécurité présidentiel (RSP), tout juste libéré et réinstallé dans ses fonctions de premier ministre, a également eu droit à une salve d’applaudissements. Le général Diendéré, alors chef d’état-major particulier de Blaise Compaoré, l’avait placé aux commandes de l’Etat après la chute du président burkinabé, le 31 octobre 2014, mais le « pantin » a rapidement échappé à son manipulateur de l’ombre.

Le « coup d’Etat le plus bête du monde »

Pourquoi cet homme mystérieux et courtois, discrètement impliqué dans le soutien aux rébellions au Liberia, en Sierra Leone et en Côte d’Ivoire, a-t-il subitement choisi la lumière pour perpétrer le « coup d’Etat le plus bête du monde », comme l’a surnommé la rue burkinabée ? Pour contenir le mécontentement des sous-officiers et de la base qui craignent de perdre leurs privilèges face aux menaces de dissolution du RSP ? Pour échapper à la justice qui pourrait le viser, notamment en raison de son implication dans l’assassinat du capitaine Thomas Sankara ? Pour permettre à son épouse, Fatou, et à ses amis politiques de l’ancien parti au pouvoir, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), de concourir aux élections dont ils ont été exclus par le Conseil constitutionnel ? Ou bien encore empêcher aux transfuges honnis, Roch Marc Christian Kaboré et son bras droit Salif Diallo, d’accéder aux commandes du pays ?

Toutes ces raisons s’agrègent sûrement mais un très proche d’un chef d’Etat de la région affirme que « son plan était d’imiter le maréchal Sissi. De renverser des institutions qui ont commis de nombreuses erreurs, de réprimer la contestation et finalement, de se faire élire à la tête de l’Etat pour perpétuer le régime CDP. Seulement, le Burkina n’est pas l’Egypte et le regard bienveillant de la Côte d’Ivoire ne vaut pas l’appui de l’Arabie saoudite. »
L’article intégral sur Le Monde

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