Congo : qu’attend la communauté internationale pour agir ?

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Un collectif vient de publier une tribune pour demander à l’ONU de s’intéresser au cas congolais, de plus en plus inquiétant, où les populations sont prises entre une guerre civile violente et des attaques de groupes venus d’autres pays. D’autres observateurs du continent africain, comme Jean-Yves Ollivier, tirent la sonnette d’alarme.

Ils sont plus d‘une dizaine d’universitaires, d’intellectuels, de responsables politiques et associatifs à avoir signé, mercredi 1 février, une tribune pour sensibiliser les Occidentaux au sort des congolais.

Voici comment ces différentes personnalités commencent leur tribune, comme pour dresser un bilan de la terrible situation du Congo :

« Depuis 1996, la République Démocratique du Congo est le théâtre des affrontements meurtriers entre différentes factions. Nombreuses sont leurs conséquences : inexistence de l’État, menaces sur l’intangibilité des frontières nationales, déstabilisation de la région du Kivu, insécurité, crimes de guerre et crimes contre l’Humanité, violences sexuelles, enrôlement des enfants par des groupes armés, violations des droits fondamentaux de la personne humaine, impunité en faveur des criminels, ingérence des voisins dans les affaires intérieures… ».

Un constat partagé par nombre d’observateurs, dont l’homme d’affaire Jean-Yves Ollivier qui déjà, en décembre, tirait la sonnette d’alarme, dénonçant le sort réservé à une population congolaise « abandonnée au plus fort ».

Afin de mettre un terme à cet état de fait, les signataires de la tribune de Jolpress proposent plusieurs solutions simples et concrètes, qui correspondent aux principaux problèmes du pays :

« Sur la sécurisation de la région du Kivu, nous préconisons :
    – la requalification du mandat de la Mission des Nations Unies pour la stabilité de la République Démocratique du Congo (Monusco), afin de lui permettre d’assister un État souverain qui est confronté aux problèmes à la fois internes et externes ;
    – la présence, aux côtés des Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC), d’une force d’interposition sur la frontière orientale – ne contenant aucun pays présumé soutenir les éléments déstabilisateurs – composée soit de la Monusco, soit d’une force interafricaine, soit de l’Eurofor, soit de l’Africom ;
    – l’externalisation des pourparlers de Kampala, le médiateur ne devant être à la fois juge et partie ;
    – les condamnations des États voisins qui contribuent, d’une manière ou d’une autre, à la déstabilisation de la République Démocratique du Congo.
    Sur les violations des droits fondamentaux de la personne humaine, nous demandons :
    – l’arrestation et le jugement des auteurs de crimes de guerre et crimes contre l’Humanité par des tribunaux tant nationaux qu’internationaux ;
    – l’assistance des victimes de dégâts, aussi bien directs que collatéraux ;
    – le retour des personnes déplacées à l’intérieur du pays et celles qui sont déplacées au-delà des frontières nationales après un recensement avec l’aide de la Croix Rouge.
    Sur la cohésion nationale, nous proposons :
    – l’ouverture d’un dialogue inclusif et républicain, entre les différentes forces vives congolaises, sous la supervision de la communauté internationale ;
    – la mise en place d’un gouvernement de salut publique en vue de l’organisation dans un délai raisonnable des élections crédibles et transparentes, auxquelles ne participera pas l’actuel Chef de l’État conformément à la Constitution, ainsi qu’en vue de la consolidation des institutions républicaines.
    Sur la paix régionale, nous sommes favorables :
    – aux concertations en vue de la gestion commune des ressources frontalières ;
    – aux accords de non-agression, en vue de l’indépendance dans l’interdépendance. »

Reste à savoir si les autorités internationales ne resteront pas sourdes aux recommandations du collectif…

 

By: pascaline

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