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Racket sur les routes en Côte d'Ivoire

L’étude a été publiée en mai 2008 et ses résultats présentés début juillet 2008 au bureau de la Banque mondiale à Abidjan. Et elle révèle l’ampleur du racket qui est le fait de forces de sécurité ivoiriennes aussi bien sur les transports de voyageurs que de marchandises. D’après cette étude, le racket coûte ‘illégalement’ entre 95 et 150 milliards de francs Cfa par an.

Le racket exercé par les forces de sécurité ivoiriennes et son lot de tracasseries aux barrages routiers coûtent ‘illégalement’ entre 95 et 150 milliards de francs Cfa par an aux transporteurs locaux, indique la Banque mondiale dans une étude. Cet état de fait d’agents véreux constitue un obstacle à la libre circulation des biens et des personnes en Côte d’Ivoire, en même temps qu’il porte un impact négatif sur l’activité économique du pays, surtout en période post-crise, a appris l’Aps auprès de la Banque mondiale qui a mené l’étude en partenariat avec le gouvernement de la Côte d’Ivoire.

L’étude a été publiée en mai 2008 et ses résultats présentés début juillet 2008 au bureau de la Banque mondiale à Abidjan, en présence d’officiels ivoiriens, de la hiérarchie militaire et de représentants de la société civile, du parlement, des médias et des organisations professionnelles. Son objectif était double. Il consistait, ‘d’une part, à mieux cerner la physionomie et les conséquences du racket, et d’autre part, à fournir un outil de dialogue entre la Banque mondiale et le gouvernement afin de faire face au fléau de façon opérationnelle’. D’après l’étude, les ressources collectées par an par les agents varient entre 71,7 et 188 milliards pour les transports de voyageurs et entre 22,6 et 28,3 milliards pour les véhicules de transport de marchandises, notamment le café-cacao, le coton, le bétail et les produits vivriers. Toutefois, le montant estimé du racket oscille entre 35 et 55,31 % des dépenses d’investissement projetés de l’Etat qui sont de 271,2 milliards. Le ratio de barrages aux 100 km varie entre 4 et 10 et le montant moyen du racket aux 100 km pour les véhicules de transport interurbain de voyageurs est de 10 400 francs, alors que le temps de contrôle à chaque barrage est d’environ 30 minutes sur les axes principaux.

‘A l’atelier de présentation, rapporte la même source, le Directeur des Opérations de la Banque mondiale pour la Côte d’Ivoire, Madani M. Tall, s’est réjoui de ce que le gouvernement n’ait pas attendu les conclusions du rapport pour réagir contre le racket’. Début juin dernier, les autorités ivoiriennes ont pris la mesure de ‘la grogne des populations, les manifestations contre la vie chère et les nombreuses dénonciations de la presse’, instruisant ainsi les Forces de défense et de sécurité (Fds) à lancer ‘une opération de fluidité routière’. Un mois après le lancement de cette opération, constate la Banque mondiale, ‘les résultats sont visibles sur les routes ivoiriennes, avec une réduction considérable des barrages, du racket et la mise hors circulation de véhicules non en règle’.

Les auteurs de l’étude signalent que l’absence de documents favorisait souvent le racket et les tracasseries. Par conséquent, précisent-ils, ‘du fait du payement obligatoire pour le racket, aucun effort n’était fait par les transporteurs pour mettre à jour les documents des véhicules’. ‘Les barrages étaient des postes d’observation et de combat. Il faut combattre le racket qui est le fait d’un groupe d’individus qui n’honorent pas les Fds… Mais la situation de crise n’a pas permis de prendre les mesures appropriées pour y faire face. A preuve, après la crise et les regroupements des soldats, nous avons levé les barrages’, a déclaré le chef d’Etat major de l’armée ivoirienne.

Le général Philippe Mangou s’est félicité de l’étude, en rejetant certains aspects. Il s’agit des impacts sur les droits humains et la vie sociale, notamment les imputations de violences sexuelles faites aux femmes et la propagation du Vih-Sida, consécutifs au racket par les ‘corps habillés’ et aux barrages routiers illicites qu’ils entretiennent. Selon l’étude, cet état de fait ‘décourage le déplacement des populations pour accéder aux services sociaux de santé et de l’administration (accouchement, déclarations de naissance, établissement de pièces d’identité….)’. Aussi, favorise-t-il ‘la discrimination à l’égard des populations étrangères du fait de contrôles abusifs de pièces d’identité’.

Pour lutter contre le racket, la Banque mondiale recommande ‘la limitation des postes de contrôle au strict minimum nécessaire pour les besoins de sécurité, la sensibilisation et formation des usagers et des forces de l’ordre’. Aussi, préconise-t-elle la facilitation des mouvements des femmes en situation d’urgence et des personnes se déplaçant pour des soins de santé, l’identification claire des postes de contrôle et des documents de contrôle exigés, etc.

(Aps)

04.08.2008. 12:58

Boni Eli le 12.08.2008. 05:19

je salue l'initiative prise par les responsables militaires ivoiriens.La corruption sur nos routes a sensiblement dimunié.Aussi, voudrais-je lancer un appel à ces autorités;il ne faudrait pas que ces prises de décisions soient momentannées.IL FAUDRAIT ASSURER LE SUIVI.
Notons cependant que ces fds véreux ont trouvé un autre recours qu'il convient de suivre de près.Desormais c'est derrière les feux tricolores qu'ils se cahent (souvent caché sous des arbres ou sur des arbres, dérrière des panneaux publicitaires...)juste pour vous soutirer 1000f pour un passage au feu orange qu'il considère mordicus comme rouge,pour un non port de la ceinture de sécurité du chauffeur en pleine ville pendant des embouteillages.Tout cela n'honore pas le non des FDS de Cçote d'Ivoire.Vivement que des mesures soient prisent avant qu'on en arrive au pire.

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