Les miliciens du Gpp délogés à Vridi
Plusieurs centaines d’éléments du Groupement des patriotes pour la paix ont été expulsés manu-militari hier du bâtiment de l’ex-hôtel Akwaba à Vridi qu’ils squattaient depuis 2006.
Une opération musclée, qui finit en mission pacifique. Ainsi pourrait-on présenter la descente opérée hier par un impressionnant détachement des Forces de défense et de sécurité (Fds) à Port-Bouët (Vridi, ex-Hôtel Akwaba). Elle a abouti au déguerpissement des miliciens du Gpp qui s’y étaient installés depuis fin novembre 2006. Selon des sources bien introduites, tôt le matin, les miliciens ont été surpris par la visite de plusieurs dizaines d’éléments des Fds arrivés à Armes aux poings, les hommes de Philippe Mangou encerclent le bâtiment qu’ils assiègent avant de demander à tous les occupants de lever le camp. Le dispositif des visiteurs est impressionnant. Et les hommes de Bouazo Yoko Yoko, (Commandant du Gpp) impressionnés, ne veulent pas faire de la résistance. Pour rappel, le 3 novembre 2006, c’est après une journée de bataille sanglante et mortelle que ces miliciens avaient été délogés de leur base de Niangon - Azito (Yopougon). Face à l’intransigeance des Fds, ils désignent quelques émissaires qui vont à la négociation. Ceux-ci expliquent qu’ils n’ont rien contre le principe du départ. Mais, pour eux, quitter leur camp de façon si soudaine et humiliante n’est pas acceptable. Les miliciens souhaitent en outre qu’un nouveau site d’accueil leur soit trouvé. Les militaires leur font comprendre qu’ils ont reçu l’ordre de les faire partir de gré ou de force et qu’il n’est donc pas question qu’ils demeurent une heure de plus sur les lieux. Finalement, sur la requête du Gpp, l’option est prise de conduire tout le monde jusqu’au camp Galliéni qui abrite l’état-major des Fanci. Les hommes de Bouazo veulent y rencontrer le général Philippe Mangou. A bord de plusieurs cargos et cars mobilisés pour la circonstance, ils font leur entrée dans le camp où le chef d’état-major les attend. Ce dernier va échanger longuement avec ses visiteurs à qui il choisit de parler «sans langue de bois». Le ton ferme, il leur fera remarquer qu’il est maintenant temps de mettre fin à l’aventure et de «se mettre au service du pays». Il a dénoncé le fait que les miliciens de plus en plus vêtus de treillis commettent des impairs qui sont immédiatement imputés aux forces de l’ordre. Mangou a remercié et félicité ses hôtes pour leur engagement. Mais, pour lui, ceux-ci «doivent maintenant regagner leurs familles et laisser la défense du pays aux Fanci». La mort dans l’âme, quelques chefs des miliciens essayent d’attendrir le général en lui faisant remarquer que leurs hommes «se sont sacrifiés et qu’ils espéraient au moins se voir réinsérer régulièrement avant d’être remerciés». La réponse de Mangou est catégorique. Pas question de maintenir les miliciens dans un quelconque camp. A la fin des échanges, une seule faveur est accordée aux déguerpis de Vridi. Ils seront accompagnés jusqu’à leurs différentes destinations par les véhicules déjà mobilisés. S’ils n’ont pas boudé l’offre du général, c’est toutefois dans une colère noire qu’ils quitteront l’état-major des Fds. Ainsi, juste au moment de partir, ils se sont mis à crier leur déception et à scander : «Alassane Président !», «Votez ADO !». Joint au téléphone, le «général» Bouazo Yoko Yoko, chef du Gpp a confirmé la fin de leur séjour à l’ex-hôtel Akwaba. «Mes hommes disent juste qu’ils n’ont pas été informés. Ils n’ont subi aucune brutalité. Nous continuons à négocier avec les autorités», a-t-il confié. Rappelons que les miliciens du Gpp avaient maille à partir avec les populations de Vridi - Plage. Leur cohabitation avec les membres de l’ARSP (Association des riverains pour la sauvegarde des plages) avait quelques fois tourné à l’affrontement. Pour ces populations, le départ de ces ‘’voisins indésirables’’ est vécu comme un soulagement.
Djama Stanislas
13.11.2008. 09:40
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