Le Gal Doué annonce 3 jours de terreur sur Abidjan
Des manÅ“uvres souterraines fort actives, ont en ce moment cours pour mettre un terme à la vie de l’accord politique de Ouagadougou et instaurer un nouvel ordre politique à Abidjan. On les voyait venir. On savait qu’ils ne renonceraient pas aussi facilement à leur projet de renverser les institutions républicaines. Le temps de jouer les agents dormants,-après les révélations de votre quotidien préféré-, pour endormir et tromper ainsi la vigilance des Ivoiriens, les voilà qui s’activent à nouveau. Et cette fois les préparatifs semblent être en phase terminale. Pour preuve, et de sources proches des services secrets ivoiriens, la date du dimanche 16 novembre 2008, à 23 heures, a été retenue pour le début de l’action militaire contre le régime actuel. C’était à l’issue d’une rencontre dite secrète, qui a eu lieu samedi dernier à Tanda. Selon nos informateurs, c’est le Général Doué Mathias qui présidait la rencontre. Devant le petit monde qui l’entourait, l’ex-Cema, rapporte-t-on, s’est vanté de pouvoir entrer et sortir, à sa guise, du carré ivoirien sans être inquiété par qui que ce soit. Au rang des participants à cette réunion « stratégique et décisive », on notait la présence de deux anciens ministres et piliers du régime Bédié, que nous ne citerons pas ici, pour ne pas gêner le travail des enquêteurs, mais qui se reconnaîtront dans ces lignes. Les colonels N’zio et Lébahi, les deux chiens de guerre libériens recrutés par le président du Pdci, ont également tenu leurs places à l’instar de trois officiers supérieurs de la Licorne et un colonel des Fanci, originaire de l’Est et qui, dit-on, a bâti sa fortune dans l’escorte militaire au plus fort de la crise du 19 septembre. La liste de présence a été bouclée par quatre combattants Touareg,- auxquels l’on prête d’appartenir au groupe Al Qaeda-, sur les huit recrutés par les commanditaires du putsch. A toute l’équipe de déstabilisateurs,Les assurances de l’ex-Cema
Doué a donné des assurances quant à la réussite du coup, car, soutient-il, il bénéficie de beaucoup de complicités aussi bien au sein des forces de défense et de sécurité (Fds) que dans le premier cercle de collaborateurs du chef de l’Etat. Ce qui lui permettrait de suivre tous les mouvements du président Laurent Gbagbo auquel il dit réserver une fin à la Samuel Doe en cas de succès de l’opération. Sûr de son fait et prolixe à souhait, le « Chinois » a, alors confié à ses compagnons du jour, qu’à l’heure qu’il est, les casernes d’Agban, Koumassi, Abobo, Williamsville et BAE-Yopougon adhèrent à son projet. Restent les deux camps d’Akouédo pour lesquels il a promis s’investir personnellement afin de les rallier à sa cause. Aussi a-t-il informé son petit monde de son déplacement au Libéria voisin afin de procéder aux derniers réglages de l’affaire avec les mercenaires Libériens et autres combattants recrutés dans la sous-région, dont certains, sont chargés de prendre le Port de San-Pedro, pendant que le gros de la troupe convergera, à compter de demain, vers Abidjan, où les attendent déjà, d’autres recrues, soigneusement infiltrées dans la capitale économique ivoirienne. Ainsi donc, dès qu’il aura tout ficelé, Mathias Doué, à qui l’on prête de travailler pour le compte du président Henri Konan Bédié, engagera les hostilités, en soumettant Abidjan et toute la zone gouvernementale à un déluge de feu. Et cela, pendant trois jours, à compter de dimanche prochain, si rien de fâcheux ne vient compromettre le plan des putschistes. Question de créer la terreur au maximum pour décourager toute velléité de contestation. Si on en croit des confidences faites à des proches, ce sera l’occasion pour le Général de division, de montrer à ses détracteurs qu’il n’est pas un homme aux « couilles molles », mais bien un soldat courageux, qui « sait prendre ses responsabilités. » A ceux qui seraient tentés de s’interroger sur les chances de succès d’un coup de force opéré seulement en zone sous contrôle gouvernemental, il faut savoir que les putschistes ont tout prévu. Ainsi donc, pendant que Doué s’occupera du « Gbagboland », le sergent-chef, Ibrahim Coulibaly, dit IB,- allié à l’ex-Cema sur ce coup-, lui jettera son dévolu sur les positions contrôlées par la rébellion de Guillaume Soro. L’offensive du « basketteur » contre ses anciens compagnons, est annoncée comme des plus barbares et des plus sanglantes. Avec notamment des assassinats à la pelle, à commencer par l’actuel premier ministre que le sergent déserteur jure de pendre haut et court.
La préparation psychologique
Le discours devant accompagner toute cette violence, est déjà prêt. En cas de franc succès de l’opération, le duo Doué-IB,- qui travaille, dit-on, à la gloire du couple Bédié-Ouattara-, mettra en avant la confiscation du pouvoir par Gbagbo et Soro qui ne veulent pas organiser les élections pour sortir le pays de la crise et de la paupérisation de la population qui se généralise. Et déjà le travail de sape confié à la presse proche, a commencé. Ainsi a-t-on pu lire hier dans les colonnes d’un confrère, ceci : « (…) C’est une affaire qui commence sérieusement à exaspérer tout le monde. L’accord de Ouagadougou, présenté comme le remède révolutionnaire pour une sortie de crise rapide en Côte d’Ivoire, tarde à produire ses effets au point où les plus farouches supporters de ce deal politique commencent à afficher profil bas. (…) Un peuple amorphe et remarquablement stoïque qui souffre le martyre, qui vit et respire la misère mais qui est incapable de pousser le moindre cri pour dire à ses dirigeants (qui ont d’autres soucis), qu’il a besoin de paix et d’élection. Un peuple qui a besoin que la paix lui tombe dessus comme la pluie tombe du ciel. (…) Mais force est de constater que depuis trois ans, nous tournons en rond. Et les Ivoiriens n’en peuvent plus, et le pays est au bord du gouffre. Que faire dans une telle situation ? » Le confrère aurait-il voulu prononcer la mort de l’APO et appeler à la révolte du peuple et à l’instauration d’un nouvel ordre politique en Côte d’Ivoire, qu’il ne s’y serait pas pris autrement. Dans un tel conditionnement psychologique, les populations ivoiriennes ne pourront qu’applaudir un coup de force qui met Gbagbo et Soro, hors-jeu. Mais en cas d’échec de la prise d’Abidjan, les putschistes ont également, leur lecture de la situation toute prête. Ils se dédouaneront en mettant l’opération au compte des ex-combattants du « Model » libérien et des miliciens du Gpp, qui se vengeraient ainsi du régime Gbagbo qui n’aurait pas tenu ses promesses envers eux. Selon nos sources, l’information relative à cet autre coup tordu contre la République est prise très au sérieux par l’état-major des armées. Dans ce sens des dispositions, dit-on, ont été prises pour contrer l’ennemi. C’est ainsi que depuis quelques jours, un renfort des troupes est observé dans l’ouest du pays, principalement à Toulepleu et à la frontière ivoiro-libérienne. Car tous les « mémos » dressés jusque-là, par les renseignements généraux (RG) sur cette question, sont unanimes à désigner cette partie du territoire comme le lieu d’où premier coup de feu de déstabilisation. Aussi, le démantèlement, avant-hier, à Vridi, du camp du groupement des patriotes pour la paix (GPP), n’est pas fortuit. Il répond, à une volonté des troupes régulières d’avoir une meilleure lisibilité afin de mieux traquer et de faire face à l’ennemi. Autant dire que les prochains jours pourraient être forts mouvementés en Côte d’Ivoire. Ca sent la poudre. Croisons les doigts !
Géraldine Diomandé
14.11.2008. 06:30
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