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Francis Wodié/ Candidat déclaré du PIT aux prochaines présidentielles

Après Henry Konan Bédié (Pdci), Laurent Gbagbo (Fpi), Allassane Dramane Ouattara (RDR), Francis Vangah Wodié Romain, est le quatrième candidat officiellement déclaré à la prochaine présidentielle.
La convention du Parti Ivoirien des Travailleurs (Pit), tenue le 08 Novembre 2008, à la Fondation Félix Houphouet Boigny de Yamoussoukro, en a décidé ainsi. C’est donc clair, que Francis Wodié va à la conquête des suffrages des électeurs. Cela, pour la troisième fois, depuis la création du parti ivoirien des Travailleurs (Pit), le 08 Avril 1990, à Vavoua. Dix huit ans après la naissance de ce parti, il n’est pas inconnu de l’ensemble des Ivoiriens et reste, tout de même, un interlocuteur majeur de la scène politique ivoirienne. Les forces du parti dirigé par Francis Wodié pour prétendre accéder à la magistrature suprême ne manquent pas. Naturellement, il y a la régularité de ce parti aux différentes joutes électorales, depuis l’avènement du multipartisme dans notre pays. Une régularité qui permet au parti de Wodié d’être connu, suivi et écouté des électeurs ivoiriens. Dans le discours du parti, invariablement, la constance de la non violence, de la pratique d’une politique saine et de la sauvegarde de la nation ivoirienne, par tous les moyens, a été de mise. Une option qui trouve tout son sens en ces temps de déliquescence totale du tissu politico-social ivoirien. Il n’est donc pas à exclure que des électeurs ivoiriens soient, de plus en plus sensibles à ce discours et se rallient discrètement à la cause et aux idéaux du parti. L’une des forces du parti demeure sa condition modeste, proche de l’ensemble des Ivoiriens, dont les conditions de vie de la majorité se sont amenuisées considérablement ces dernières années. En effet, loin de la mégalomanie outrageante des dignitaires de certains grands partis de la place, la quasi-totalité des dirigeants du Pit vivent dans la sobriété et la modestie. Un atout majeur qui peut créer facilement une osmose entre ledit parti et le peuple. Le Pit a, pour lui, contrairement aux autres partis significatifs, l’avantage de n’avoir jamais été aux affaires. Même dans les successifs gouvernements hétéroclites issus des accords de paix, le Pit ne s’est toujours contenté que d’un seul représentant. Un fait, qui montre, si besoin en était, que le parti n’a pas encore eu une gestion du pays. On pourrait donc lui reconnaitre d’avoir les mains propres. Comme tout parti sérieux, qui aspire à la conquête du pouvoir, une des forces du parti de Wodié réside dans son programme de gouvernement. S’il est vrai que ce programme n’a pas été entièrement dévoilé, à la récente convention du parti, il n’en demeure pas moins que la qualité des intellectuels dont regorge le parti devrait logiquement nous permettre de penser à un programme bien mûri, qui prenne en compte les réalités actuelles du pays, mais qui se projette aussi dans la tenue des défis du futur. Quoiqu’ayant des atouts, le parti ivoirien des travailleurs se trouve inhibé par des difficultés qui pourraient bien l’éloigner de la présidence de la République. Une des plaies du parti, est incontestablement sa faible représentativité sur le territoire. Contrairement au Pdci, FPI et RDR, le Pit ne semble pas encore bien enraciné sur toute l’étendue du territoire. Au point où il est aujourd’hui difficile de lui trouver, ne serait ce qu’un seul bastion imprenable. Le PIT fait partie également des partis qui ont fait les frais des divisions de vue en interne. Du coup, il a été confronté à des départs, et non des moindres. Atteby Williams, Kabran Appiah, Coulibaly Seydou (Ancien président de la Jpit), ainsi que d’autres militants anonymes ont claqué la porte du parti pour rejoindre le FPI. L’un des sérieux handicaps du PIT réside au niveau de ses ressources matérielles et financières. Quoique bénéficiant aussi de la manne finançant les partis politiques, il n’est pas faux de dire qu’une campagne présidentielle engloutit de colossaux fonds, qui, à voir de près, ne semblent pas à la disposition du Pit. Enfin, l’un des handicaps du parti réside au niveau du charisme de son leader. Il est reproché à Francis Wodié de ne pas avoir une forte aura. Comme celle de Laurent Gbagbo. Au point où depuis sa présence sur la scène politique ivoirienne, il ne semble pas encore avoir vraiment marqué les esprits. Tant sa tiédeur et sa mollesse dans les actions et prises de position ne captent pas l’attention. Dans tous les cas, pour la prochaine élection présidentielle, le Pit n’a pas à s’avouer vaincu avant la bataille, car s’il est une inconnue sur laquelle les analystes politiques s’accordent à reconnaitre, c’est l’effet de ces six dernières années de crise. C’est clair que la crise a érodé toutes les certitudes de d’alors. Aujourd’hui, l’Ivoirien s’est forgé lui-même sa propre science politique et ne dépend pas toujours forcement de l’analyse et de la ligne de conduite d’un ou d’un tel autre parti, fut –il le sien.
Vincent BOTY

11.11.2008. 03:39

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