Cacao ivoirien: Placide Zoungrana, Didier Gbogou et Dominique Coffi arrêtés
Trois responsables de la structure de l'Etat ivoirien chargée de contrôler la filière café-cacao ont été entendus par un juge puis écroués lundi dans le cadre d'une vaste enquête sur de présumées malversations dans ce secteur, a-t-on appris mardi de source judiciaire.Ces responsables sont le président du conseil d'administration de l'Autorité de régulation du café-cacao (ARCC), Placide Zoungrana, de son directeur exécutif Didier Gbogou et de sa directrice financière Dominique Coffi, a indiqué à l'AFP le parquet.
Il s'agit des premières mises en cause de personnes ne figurant pas sur la liste de 23 dirigeants de la filière café-cacao inculpés le 30 mai pour notamment "détournement de fonds, abus de biens sociaux et escroquerie".
Ce sont aussi les premiers responsables administratifs a être inculpés dans une affaire qui ne touchait jusqu'à présent que des structures privées de Côte d'Ivoire, premier producteur mondial de fèves.
L'ARCC est un société détenue à 100% par l'Etat et chargée justement de contrôler ces structures privées, à savoir la Bourse du café-cacao (BCC), le Fonds de développement et de promotion (FDPCC), le Fonds de régulation et de contrôle (FRC) et le Fonds de garantie des coopératives (FGPCC).
MM. Zoungrana et Gbogou sont par ailleurs des proches du président Laurent Gbagbo. Le premier est directeur de campagne (électorale) du chef de l'Etat dans un département et le second a créé un mouvement de soutien à M. Gbagbo.
M. Zoungrana est en outre le secrétaire national chargé de l'agriculture au Front populaire ivoirien (FPI, parti présidentiel).
Parmi les dirigeants des structures privées qui ont déjà été inculpés et écroués depuis le 18 juin figurent aussi des membres du FPI ou des proches de M. Gbagbo, notamment un autre directeur départemental de campagne.
Lundi, le FPI avait "salué" la campagne anticorruption menée par le justice ivoirienne et commandée par M. Gbagbo, y voyant "une moralisation de la vie publique".
Le parti avait toutefois rappelé que ces personnes bénéficiaient toujours de "la présomption d'innocence" et du "soutien du parti".
A cinq mois de l'élection présidentielle, le FPI a appelé aussi "ses militants et sympathisants au calme et à la sérénité", les invitant "à poursuivre avec détermination la mission de mobilisation et de préparation des prochaines échéances électorales".
Laurent Gbagbo ne s'est pas encore déclaré candidat à la présidentielle du 30 novembre mais son parti se mobilise depuis des mois pour qu'il décroche un second mandat.
S: AFP
01.07.2008. 14:51
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