Archive | July, 2011

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Côte d’Ivoire/ Dons des Ivoiriens de France aux exilés : Attention à l’arnaque !

Posted on 30 July 2011 by Rédaction de Diaspora Cote d'Ivoire

« Nous apprenons ici et là que des fonds sont levés pour venir en aide aux refugiés ivoiriens du Ghana, Togo, bénin, Sénégal ect.  Malheureusement rien ne nous  ait encore parvenu ». Ces mots sont de Touré Zeguen, président de la coalition internationale pour la libération de la Côte d’Ivoire (CILCI), une organisation basée au Ghana.

Membre de la galaxie patriotique et très proche de Charles Blé Goudé, Touré Zeguen, tout comme plusieurs ivoiriens se sont réfugiés dans les pays de la sous-région, fuyant les représailles du nouveau pouvoir d’Abidjan après la chute du président Laurent Gbagbo.

De quoi, s’agit-il ?

Si la diaspora ivoirienne pro-Gbagbo a été très active tant dans la mobilisation pour la réélection de leur champion ou pour la reconnaissance de sa victoire au lendemain du 28 novembre 2010, celle-ci continue, à travers marches et sitting de clamer la libération de l’ex-président ivoirien, capturé par les forces pro-Ouattara, aidées par la France.

Aussi, cette diaspora, principalement celle vivant en France ne lésinerait pas sur les moyens pour apporter assistance à leurs compatriotes en fuite un peu partout en Afrique, à travers des levées de fonds et autres collectes de vivres et non vivres.

« Je ne parle pas de ceux qui envoient de l’argent à leurs parents et amis. Mais en ce qui concerne des dons en direction d’un groupe d’individus organisés comme nous le sommes, en tout cas nous ici au Ghana, nous n’avons aucune information » charge, le président de CILCI, très en colère !

Et d’ajouter : « En tant que président de la plus grande organisation des ivoiriens en exil depuis le 11 avril 2011, c’est d’ailleurs tout récemment que j’ai pris langue avec  M. Abel Naki, du Cri Panafricain, que  tous les exilés  félicitent au passage pour le travail bien fait, qui m’aurait dit qu’une levée de fonds  sera organisée le 13 août prochain à Paris. Nous serons heureux d’en bénéficier vue les conditions dans lesquelles le pouvoir de Dramane Ouattara nous a mis. Le reste, je ne peux pas vous en dire plus ».

Que s’est donc-t-il passé, alors que les informations en notre possession parlent de plus de trois soirées gala de levées de fonds pour aider les  « compatriotes ivoiriens réfugiés » et qui auraient mobilisées entre  7 et 10 000 euros  en espèces.

Les Ivoiriens de France  auraient-ils renoué avec leur ancienne pratique connue sous le nom de code « 3615 »  du temps des enfants de la Somalie ou de la faim en Ethiopie ?

Une pratique bien rodée des escrocs en bandes organisées, à travers des ONG fictives !

Attention à l’arnaque des honnêtes citoyens, car si la Côte d’Ivoire et le peuple ivoirien ont longtemps souffert et continuent de souffrir dans leur chaire de la barbarie imposée par la France et ses suppôts internes, il n’appartient pas à cette diaspora si noble, qui aura par sa mobilisation, marqué son attachement à sa patrie,  de  saboter tous ces efforts  en s’adonnant à des pratiques peu recommandables !

Il serait donc temps qu’une réelle organisation, voire un vrai réseau se mette en place en vue de coordonner toutes ces actions si utiles, si nobles.

Affaire à suivre !

 

Philippe K

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Les vrais raison de la guerre de l’occident contre l’afrique

Posted on 29 July 2011 by Contribution

L’OTAN est dans une impasse, les occidentaux sont désorientés, l’afrique digne finira par prendre le dessus. soutenons nos patriotes africains, ne soyons pas dupe
 Les vrais raison de la guerre de loccident contre lafrique Les vrais raison de la guerre de loccident contre lafrique
Nicolas Sarkozy. Après tout ce que j’ai fait pour lui, il a comploté pour me renverser. Je ne sais pas ce qu’il ne m’a pas pardonné : les Rafales ? les centrales nucléaires ? ou sa Cécilia ?
 Les vrais raison de la guerre de loccident contre lafrique
Et Barack Obama, le petit nouveau.

A-Les vraies raisons de la guerre en Lybie

1-Premier satellite Africain RASCOM 1

C’est la Libye de Kadhafi qui offre à toute l’Afrique sa première vraie révolution des temps modernes : assurer la couverture universelle du continent pour la téléphonie, la télévision, la radiodiffusion et de multiples autres applications telles que la télémédecine et l’enseignement à distance ; pour la première fois, une connexion à bas coût devient disponible sur tout le continent, jusque dans les zones rurales grâce au système par pont radio WMAX.

L’histoire démarre en 1992 lorsque 45 pays africains créent la société RASCOM pour disposer d’un satellite africain et faire chuter les coûts de communication sur le continent. Téléphoner de et vers l’Afrique est alors le t ari f le plus cher au monde, parce qu’il y avait un impôt de 500 millions de dollars que l’Europe encaissait par an sur les conversations téléphoniques même à l’intérieur du même pays africain, pour le transit des voix sur les satellites européens comme Intelsat. Un satellite africain coûtait juste 400 millions de dollars payable une seule fois et ne plus payer les 500 millions de location par an. Quel banquier ne financerait pas un tel projet ? Mais l’équation la plus difficile à résoudre était : comment l’esclave peut-il s’affranchir de l’exploitation servile de son maître en sollicitant l’aide de ce dernier pour y parvenir ? Ainsi, la Banque Mondiale , le FMI, les USA, l’Union Européenne ont fait miroiter inutilement ces pays pendant 14 ans.

C’est en 2006 que Kadhafi met fin au supplice de l’inutile mendicité aux prétendus bienfaiteurs occidentaux pratiquant des prêts à un taux usuraire; le guide Libyen a ainsi mis sur la table 300 millions de dollars, La Banque Africaine de Développement a mis 50 millions, la Banque Ouest Africaine de Développement, 27 millions et c’est ainsi que l’Afrique a depuis le 26 décembre 2007 le tout premier satellite de communication de son histoire. Dans la foulée, la Chine et la Russie s’y sont mises, cette fois en cédant leur technologie et ont permis le lancement de nouveaux satellites, Sud-Africain, Nigérian, Angolais, Algérien et même un deuxième satellite africain est lancé en juillet 2010. Et on attend pour 2020, le tout premier satellite technologiquement 100% africain et construit sur le sol africain, notamment en Algérie. Ce satellite est prévu pour concurrencer les meilleurs du monde, mais à un coût 10 fois inférieur, un vrai défi.

Voilà comment un simple geste symbolique de 300 petits millions peut changer la vie de tout un continent. La Libye de Kadhafi a fait perdre à l’Occident, pas seulement 500 millions de dollars par an mais les milliards de dollars de dettes et d’intérêts que cette même dette permettait de générer à l’infini et de façon exponentielle, contribuant ainsi à entretenir le système occulte pour dépouiller l’Afrique.

2. Fond Monétaire Africain, Banque Centrale Africaine, Banque Africaine des Investissements


Les 30 milliards de dollars saisis par M. Obama appartiennent à la Banque Centrale Libyenne et prévu pour la contribution libyenne à la finalisation de la fédération africaine à travers 3 projets phare :
- la Banque Africaine d’Investissement à Syrte en Libye,
- la création dès ce 2011 du Fond Monétaire Africain avec un capital de 42 milliards de dollars avec Yaoundé pour siège,
- la Banque Centrale Africaine avec le siège à Abuja au Nigeria dont la première émission de la monnaie africaine signera la fin du Franc CFA grâce auquel P ari s a la main mise sur certains pays africains depuis 50 ans.

On comprend dès lors et encore une fois la rage de P ari s contre Kadhafi. Le Fond Monétaire Africain doit remplacer en tout et pour tout les activités sur le sol africain du Fond Monétaire International qui avec seulement 25 milliards de dollars de capital a pu mettre à genoux tout un continent avec des privatisations discutables, comme le fait d’obliger les pays africains à passer d’un monopole publique vers un monopole privé. Ce sont les mêmes pays occidentaux qui ont frappés à la porte pour être eux aussi membres du Fond Monétaire africain et c’est à l’unanimité que le 16-17 décembre 2010 à Yaoundé les Africains ont repoussé cette convoitise, instituant que seuls les pays africains seront membres de ce FMA.

Il est donc évident qu’après la Libye la coalition occidentale déclarera sa prochaine guerre à l’Algérie, parce qu’en plus des ses ressources énergétiques énormes, ce pays a une réserve monétaire de 150 milliards d’Euros. Ce qui devient la convoitise de tous les pays qui bombardent la Libye et qui ont tous quelque chose en commun, ils sont tous financièrement en quasi faillite, les USA à eux seuls ont 14.000 Milliards de dollars de dettes, La France, la Grande Bretagne et l’Italie ont chacun environ 2.000 milliards de dettes publiques alors que les 46 pays d’Afrique Noire ont au total moins de 400 milliards de dollars de dettes publiques. Créer des fausses guerres en Afrique dans l’espoir de trouver de l’oxygène pour continuer leur apnée économique qui ne fait que s’empirer ne fera qu’enfoncer les Occidentaux dans leur déclin qui a pris son envol en 1884, lors de la fameuse Conférence de Berlin. Car comme l’avait prédit l’économiste Américain Adams Smith en 1865, dans son soutient à Abraham Lincoln pour l’abolition de l’esclavage, «l’économie de tout pays qui pratique l’esclavage des noirs est en train d’amorcer une descente vers l’enfer qui sera rude le jour où les autres nations vont se réveiller »
3- Unions régionales comme frein à la création des États Unis d’Afrique

Pour déstabiliser et détruire l’union Africaine qui va dangereusement (pour l’Occident) vers les États-Unis d’Afrique avec la main de maître de Kadhafi, l’Union Européenne a d’abord tenté sans y parvenir la carte de la création de l’UPM (Union Pour la Méditerranée) Il fallait à tout prix couper l’Afrique du Nord du reste de l’Afrique en mettant en avant les mêmes thèses racistes du 18-19ème siècle selon lesquelles les populations africaines d’origine Arabes seraient plus évoluées, plus civilisées que le reste du continent. Cela a échoué parce que Kadhafi a refusé d’y aller. Il a compris très vite le jeu à partir du moment où on parlait de la Méditerranée en associant quelques pays africains sans en informer l’Union Africaine, mais en y invitant tous les 27 pays de l’Union Européenne.

L’UPM sans le principal moteur de la fédération africaine était foirée avant même de commencer, un mort-né avec Sarkozy comme Président et Mubarack, le vice-président. Ce qu’Alain Juppé tente de relancer, tout en misant sur la chute de Kadhafi, bien sur. Ce que les dirigeants Africains ne comprennent pas est que tant que ce sera l’Union Européennes à financer l’Union Africaine, on sera toujours au point de départ, car dans ces conditions, il n’y aura pas d’effective indépendance. C’est dans le même sens que l’Union Européenne a encouragé et financé les regroupements régionaux en Afrique. Il était évident que la CEDEAO qui a une Ambassade à Bruxelles et qui tire l’essentiel de son financement de l’UE, est un obstacle majeur contre la fédération africaine. C’est ce que Lincoln avait combattu dans la guerre de sécession aux États-Unis, parce qu’à partir du moment où un groupe de pays se retrouvent autour d’une organisation politique régionale, cela ne peut que fragiliser l’organe central. C’est ce que l’Europe voulait et c’est ce que les Africains n’ont pas compris en créant coup sur coup, la COMESA, l’UDEAC, la SADC et le Grand Maghreb qui n’a jamais fonctionné encore une fois grâce à Kadhafi qui lui l’avait très bien compris.

4-Kadhafi, l’Africain qui a permis de laver l’humiliation de l’Apartheid

Kadhafi est dans le cœur de presque tous les Africains comme un homme très généreux et humaniste pour son soutien désintéressé a la bataille contre le régime raciste d’Afrique du Sud. Si Kadhafi avait été un homme égoïste, rien ne l’obligeait à attirer sur lui les foudres des occidentaux pour soutenir financièrement et militairement l’ANC dans sa bataille contre l’apartheid.
C’est pour cela qu’à peine libéré de ses 27 ans de prisons, Mandela décide d’aller rompre l’embargo des Nations Unis contre la Libye le 23 Octobre 1997. A cause de cet embargo même aérien, depuis 5 longues années aucun avion ne pouvait atterrir en Libye. Pour y arriver, Il fallait prendre un avion pour la Tunisie ; arriver à Djerba et continuer en voiture pendant 5 heures pour Ben Gardane, passer la frontière et remonter en 3 heures de route par le désert jusqu’à Tripoli. Ou alors, passer par Malte et faire la traversée de nuit, sur des bateaux mal entretenus jusqu’à la côte libyenne.

Un calvaire pour tout un peuple, juste pour punir un seul homme. Mandela décida de rompre cette injustice et répondant a l’ex Président Américain Bill Clinton, qui avait jugé cette visite «malvenue», il s’insurgea : «Aucun État ne peut s’arroger le rôle de gendarme du monde, et aucun État ne peut dicter aux autres ce qu’ils doivent faire ». Il ajouta : « ceux-là qui hier étaient les amis de nos ennemis, ont aujourd’hui le toupet de me proposer de ne pas visiter mon frère Kadhafi, ils nous conseillent d’être ingrats et d’oublier nos amis d’hier ». En effet, pour l’Occident, les racistes d’Afrique du Sud étaient leurs frères qu’il fallait protéger. C’est pour cela que tous les membres de l’Anc étaient considérés des dangereux terroristes, y compris Nelson Mandela. Il faudra attendre le 2 Juillet 2008, pour que le Congrès Américain vote une loi pour rayer le nom de Nelson Mandela et de ses camarades de l’ANC de cette liste noire, pas parce qu’ils ont compris la bêtise d’une telle liste, mais parce qu’on voulait faire un geste pour les 90 ans de Nelson Mandela. Si les Occidentaux sont aujourd’hui repentis de leur soutien d’hier aux ennemis de Mandela et sont vraiment sincères lorsqu’on lui donne des noms de rue et de places, comment continuer à faire la guerre à celui qui a permis la victoire de Mandela et son peuple, Kadhafi ?

B- Ceux qui veulent exporter la démocratie sont ils des démocrates?

Et si la Libye de Kadhafi était plus démocratique que les USA, la France, la Grande Bretagne et tous ceux qui font la guerre pour exporter la démocratie en Libye ? Le 19 Mars 2003, le Président Georges Bush lance les bombes sur la tête des Iraquiens avec le prétexte d’y exporter la démocratie. Le 19 Mars 2011, c’est-à-dire 8 ans plus tard et jour pour jour, c’est le Président Français qui lance ses bombes sur la tête des Libyens avec le même prétexte de leur offrir la démocratie. Monsieur Obama , Prix Nobel de la Paix 2009 et président des États Unis d’Amérique, pour justifier qu’il procède à un déferlement de missiles Cruise de ses sous-m ari ns sur la tête des Libyens a dit que c’était pour chasser le dictateur Kadhafi du pouvoir et y instaurer la démocratie.

La question que tout être humain doté de la moindre capacité intellectuel de jugement et d’appréciation ne peut s’empêcher de se poser est : ces pays comme la France, l’Angleterre, les USA, l’Italie, la Norvège, le Danemark, la Pologne dont la légitimité pour aller bombarder les Libyens se base sur le seul fait de s’être autoproclamés « pays démocratiques » sont-ils réellement démocratiques ? Si oui, sont-ils plus démocratiques que la Libye de Kadhafi ? La réponse, sans équivoque est NON, pour la simple et bonne raison que la démocratie n’existe pas. Ce n’est pas moi qui l’affirme, mais celui-là même dont la ville natale, Genève abrite l’essentiel du commandement des Nations Unies. Il s’agit bien entendu de Jean-Jacques Rousseau né à Genève en 1712 qui affirme dans le chapitre IV du Livre III de son très célèbre « Contrat Social » que : « il n’a jamais existé de véritable démocratie, et il n’en existera jamais». Pour qu’un état soit véritablement démocratique Rousseau pose 4 conditions selon lesquelles la Libye de Kadhafi est même de loin plus démocratique que les États-Unis d’Amérique, la France et tous les autres qui prétendent lui exporter la démocratie à savoir :

1- Dimension de l’État : plus un état est grand, moins il peut être démocratique, pour Rousseau l’État doit être très petit pour que le peuple soit facile à rassembler et que chaque citoyen puisse aisément connaître tous les autres. Avant donc de faire voter les gens, il faut s’assurer que chacun connaisse tous les autres sans quoi voter pour voter est un acte dénué de tout fondement démocratique, c’est un simulacre de démocratie pour élire un dictateur. La structure de l’organisation de l’État Libyen se fonde sur une base tribale qui regroupe par définition le peuple en de petites entités. Le sentiment démocratique est plus présent dans une tribu, dans un village que dans une grande Nation, parce que le fait que tout le monde se connaisse et que la vie tourne autour des mêmes points communs apporte une sorte d’autorégulation, d’autocensure même pour peser à chaque instant, la réaction ou la contre-réaction des autres membres pour ou contre les opinions qu’on peut avoir. Sous cet angle, c’est la Lybie qui répond le mieux aux exigences de Rousseau, ce qu’on ne peut pas dire de même pour les États-Unis d’Amérique, la France ou la Grande Bretagne , des sociétés fortement urbanisées où la majorité des voisins ne se disent même pas bonjour et donc ne se connaissent pas, même vivant cote-à-cote pendant 20 ans.
Dans ces pays, on est passé directement à l’étape suivante : « le vote » qu’on a malignement sanctifié afin de faire oublier que ce vote est inutile à partir du moment où je m’exprime sur l’avenir d’une nation sans en connaitre ses membres. On est ainsi arrivé jusqu’à la bêtise du vote des citoyens vivant à l’étranger. Se connaitre et se parler est la condition essentielle de la communication pour le débat démocratique qui précède toute élection.

2- Il faut la simplicité des mœurs et des comportements pour éviter que l’on passe l’essentiel du temps à parler de justice, de tribunal pour trouver des solutions aux multitudes querelles d’intérêts divers qu’une société trop complexe fait naitre naturellement. Les Occidentaux se dé finissement comme des pays civilisés, donc aux mœurs complexes et la Libye comme pays dit primitif, c’est-à-dire aux meurs simples. Sous cet angle, encore une fois, c’est la Libye qui répondrait mieux aux critères démocratiques de Rousseau que tous ceux qui prétendent lui donner des leçons de démocratie. Dans une société complexe, les trop nombreux conflits sont résolus par la loi du plus fort, puisque celui qui est riche évite la prison parce qu’il peut se permettre un meilleur avocat et surtout, orienter l’appareil répressif de l’état contre celui qui vole une banane dans un supermarché, plutôt que le délinquant financier qui fait crouler une banque. Dans une ville comme New York où 75% de la population est blanche, 80% des postes de cadres sont occupés par des Blancs et ils ne sont que 20% des personnes en prison.

3- L’égalité dans les rangs et dans les fortunes. Il suffit de voir le classement FORBES 2010 pour voir quels sont les noms des personnes les plus riches de chacun des pays qui jette la bombe sur la tête des Libyens et voir la différence avec le salaire le plus bas dans chacun des pays et faire de même pour la Libye pour comprendre qu’en matière de redistribution de la richesse du pays, c’est à la Libye d’exporter son savoir faire à ceux qui la combattent et non le contraire. Même sous cet angle, selon Rousseau, la Libye serait plus démocratique que ceux qui veulent pompeusement lui exporter la prétendue démocratie. Aux États-Unis 5% de la population possèdent 60% de la richesse nationale. C’est le pays le plus déséquilibré, le plus inégal du monde.

4- PAS DE LUXE. Pour Rousseau pour qu’il y ait la démocratie dans un pays, il ne faut pas qu’il y ait de luxe parce que selon lui, le luxe rend nécessaire la richesse et cette dernière devient la vertu, l’objectif à atteindre à tout prix et non le bonheur du peuple, « le luxe corrompt à la fois le riche et le pauvre, l’un par la possession, l’autre par la convoitise ; il vend la patrie à la mollesse, à la vanité ; il ôte à l’État tous ses citoyens pour les asservir les uns aux autres, et tous à l’opinion ». Ya-t-il plus de luxe en France ou en Libye ? Ce rapport d’asservissement des employés qui sont poussés jusqu’au suicide les employés mêmes des entreprises publiques ou semi-publique, pour des raisons de rentabilité et donc de possession de luxe d’une des parties est-il plus criant en Libye ou en Occident ?

Le sociologue Américain C. Wright Mills a décrit en 1956 la démocratie américaine comme « la dictature des élites ». Selon Mills, les États-Unis d’Amérique ne sont pas une démocratie parce qu’en définitive, c’est l’argent qui y parle dans les élections et non le peuple. Le résultat de chaque élection y est l’expression de la voix de l’argent et non la voix du peuple. Après Bush-père et Bush-fils, pour les primaires républicaines de 2012, on parle déjà de Bush-benjamin. En plus, si le pouvoir politique se base sur la bureaucratie, Max Weber fait remarquer qu’il y a 43 millions de fonctionnaires et militaires aux États-Unis qui commandent effectivement le pays, mais qui n’ont été votés par personne et qui ne répondent pas directement au peuple de leurs activités. Une seule personne (un riche) est donc votée mais le vrai pouvoir sur le terrain est tenu par une seule caste de riches qui ne résulte purement et simplement que de nominations comme les ambassadeurs, les généraux de l’armée etc…

Combien de personnes dans les pays autoproclamés « démocratiques » savent qu’au Pérou la constitution interdit un deuxième mandat consécutif au président de la république sortant ? Combien de personnes savent qu’au Guatemala, non seulement le président sortant ne doit plus jamais se présenter comme candidat à cette fonction, mais qu’en plus à aucun degré de parenté, aucun membre de sa famille ne pourra plus prétendre à cette fonction ? Combien savent que le Rwanda est le pays qui intègre politiquement le mieux les femmes au monde avec 49% de parlementaires femmes ? Combien savent que dans le classement de la CIA 2007, sur 10 pays les mieux gérés au monde, 4 sont Africains ? Avec la palme d’or à la Guinée équatoriale dont la dette publique ne représente que 1,14% de son PIB.

La guerre civile, les révoltes, les rebellions sont les ingrédients d’un début de démocratie soutient Rousseau. Parce que la démocratie n’est pas une fin, mais un processus permanent pour réaffirmer les droits naturels des humains que dans tous les pays du monde (sans exception) une poignée d’hommes et de femmes, confisquant le pouvoir du peuple, l’oriente pour se maintenir aux affaires. On trouve ici et là des formes de castes qui usurpent le mot « démocratie » qui doit être cet idéal vers lequel tendre et non un label à s’approprier ou un refrain à vanter parce qu’on est juste capable de crier plus fort que les autres. Si un pays est calme comme la France ou les États-Unis, c’est-à-dire sans aucune révolte, pour Rousseau cela veut tout simplement dire que le système dictatorial est suffisamment répressif pour empêcher toute tentative de rébellion. Si les Libyens se révoltent, ce n’est pas une mauvaise chose. C’est prétendre que les peuples acceptent stoïquement le système qui les opprime partout dans le monde sans réagir qui est très mauvais. Et Rousseau de conclure : « Malo periculosam libertatem quam quietum servitium -traduction : S’il y avait un peuple de dieux, il se gouvernerait démocratiquement. Un gouvernement si parfait ne convient pas à des hommes ». Dire qu’on tue les Libyens pour leur bien est un leurre.

C- Quelles leçons pour l’Afrique?

Après 500 ans de relations de dominateur et de dominé avec l’Occident, il est dès lors prouvé que nous n’avons pas les mêmes critères pour définir le bon et le méchant. Nous avons des intérêts profondément divergents. Comment ne pas déplorer le Oui de 3 pays africains au sud du Sahara, Nigeria, Afrique du Sud et Gabon pour la résolution 1973 inaugurant la nouvelle forme de colonisation baptisée « protection des peuples », validant la théorie raciste que les Européens véhiculent depuis le 18ème siècle selon laquelle l’Afrique du Nord n’a rien à partager avec l’Afrique Subsah ari enne, l’Afrique du nord serait ainsi plus évoluée, plus cultivée et plus civilisée que le reste de l’Afrique. Tout se passe comme si la Tunisie, l’Égypte, la Libye, l’Algérie ne faisaient pas partie de l’Afrique. Même les Nations Unies semblent ignorer la légitimité de l’Union Africaine sur ses états membres. L’objectif est d’isoler les pays d’Afrique subsah ari enne afin de mieux les fragiliser et les tenir sous contrôle. En effet, dans le capital du nouveau Fond Monétaire Africain (FMA), l’Algérie avec 16 milliards de dollars et la Libye avec 10 milliards de dollars contribuent à eux tous seuls pour près de 62% du capital qui est de 42 milliards de Dollars. Le premier pays d’Afrique subsah ari enne et les plus peuplés, le Nigeria suivi de l’Afrique du Sud arrivent très loin derrière avec 3 milliards de dollars chacun.

C’est très inquiétant de constater que pour la première fois de l’histoire des Nations Unies, on a déclaré la guerre à un peuple sans avoir exploré au préalable la moindre piste pacifique pour solutionner le problème.

L’Afrique a-t-elle encore sa place dans une telle organisation ? Le Nigeria et l’Afrique du Sud sont disposés à voter OUI à tout ce que l’Occident demande, parce qu’ils croient naïvement aux promesses des uns et des autres de leur donner une place de membre permanent au Conseil de Sécurité avec le même droit de veto. Ils oublient tous les deux que la France n’a aucun pouvoir de leur attribuer le moindre poste. Si elle l’avait, il y a belle lurette que Mitterrand l’aurait faite pour l’Allemagne de Helmut Kohl. La reforme des Nations Unies n’est pas à l’ordre du jour. La seule manière de compter, est la méthode chinoise : tous les 50 pays africains doivent quitter les Nations Unies. Et s’ils doivent y retourner un jour, ne le faire que s’ils ont obtenu ce qu’ils demandent depuis longtemps, un poste pour toute la fédération africaine, sinon rien.

Cette méthode de la non-violence est la seule arme de justice dont disposent les pauvres et les faibles que nous sommes. Nous devons tout simplement quitter les Nations Unies, car cette organisation de par sa configuration, de par sa hiérarchie est aux services des plus forts.

Nous devons quitter les Nations Unies afin de marquer notre réprobation de cette conception du monde basée uniquement sur l’écrasement du plus faible. Tout au moins ils seront libres de continuer de le faire, mais pas avec notre signature, pas en rappelant que nous sommes d’accord alors qu’ils savent très bien qu’ils ne nous ont jamais interrogés. Et même quand nous avons donné notre propre point de vue, comme la rencontre de samedi 19/3 à Nouakchott avec la déclaration sur la contr ari été à l’action militaire, ceci a été passé tout simplement sous silence pour aller accomplir le forfait de bombarder le peuple africain.

Ce qui arrive aujourd’hui est le scén ari o déjà vu auparavant avec la Chine. Aujourd ’hui, on reconnaît le gouvernement Ouattara , on reconnaît le gouvernement des insurgés en Libye. C’est ce qui s’est passé à la fin de la deuxième guerre mondiale avec la Chine. La soit disant communauté internationale avait choisi Taiwan comme unique représentant du peuple Chinois en lieu de place de la Chine de Mao. Il faudra attendre 26 ans, c’est-à-dire le 25 octobre 1971 avec la résolution 2758 que tous les Africains devraient lire, pour mettre fin à la bêtise humaine. La Chine est admise, sauf qu’elle a prétendu et obtenue d’être membre permanent avec doit de veto, si non elle n’entre pas. Cette exigence satisfaite et la résolution d’admission entrée en vigueur, il faudra attendre un an pour que le 29 septembre 1972, le Ministre Chinois des Affaires Étrangères donne sa réponse avec une lettre au Secrétaire Général des Nations Unies pas pour dire Oui ou Merci, mais pour faire des mises au point, en garantie de sa dignité et de sa respectabilité.
Qu’est-ce que l’Afrique espère obtenir des Nations Unies sans poser un acte fort pour se faire respecter ? On a vu en Cote d’Ivoire un fonctionnaire des Nations Unies se considérer au dessus d’une institution constitutionnelle de ce pays. Nous sommes entrés dans cette organisation en acceptant d’être des serfs et croire que nous serons invités à table pour manger avec les autres dans les plats que nous avons lavés est tout simplement crédule, pire, stupide. Quand l’UA reconnaît la victoire de Ouattara sans même tenir compte des conclusions contraires de ses propres observateurs envoyés sur le terrain, juste pour faire plaisir à nos anciens maîtres, comment peut-on nous respecter ? Lorsque le président Sud-Africain Zuma déclare que Ouattara n’a pas gagné les élections et change à 180° après un tour à P ari s, on peut se demander ce que valent ces dirigeants qui représentent et parlent au nom de 1 milliard d’Africains.

La force et la vraie liberté de l’Afrique viendront de sa capacité à poser des actes réfléchis et en assumer les conséquences. La dignité et la respectabilité ont un prix. Sommes-nous disposés à le payer ? Si non, notre place reste à la cuisine, aux toilettes pour garantir le confort des autres.

Genève le 28/03/2011

Jean-Paul Pougala

(*) Jean-Paul Pougala est un écrivain d’origine camerounaise, directeur de l’Institut d’Études Géostratégiques et professeur de sociologie à l’Université de la Diplomatie de Genève en Suisse.

By: Jean-Paul Pougala

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Côte d’Ivoire: Comment Pékin a vécu l’intervention militaire française

Posted on 28 July 2011 by Rédaction de Diaspora Cote d'Ivoire

Houphouët-Boigny se méfiait de la Chine. «Envahissante», confiait-il aux Français. Après
sa mort, les autorités chinoises ont juré de faire d’Abidjan une des bases stratégiques de
leur puissance en Afrique. L’intervention militaire française dans la crise postélectorale
ivoirienne a été vécue comme un cauchemar par Pékin. Un cauchemar silencieux. Un
silence à la chinoise.

«Ne vous mettez pas en avant, mais ne restez pas en arrière»

En 1995, soit deux ans après la disparition du président Félix Houphouët-Boigny, Jiang
Zemin donna le top départ de l’internationalisation des entrepreneurs chinois : « Sortez,
avait lancé le dirigeant communiste, devenez des entrepreneurs mondiaux ! » Plusieurs
entreprises chinoises avaient choisi l’Afrique et la Côte d’Ivoire en particulier parce
qu’elles pouvaient, en tant qu’outsider, voir leurs concurrents occidentaux à l’œuvre et
les étudier, sans être trop jugées sur la qualité de leurs produits par trop bon marché.
La musique était la même pour toutes : « Ne vous mettez pas en avant, mais ne restez
pas en arrière ». En attendant de prendre racine. Depuis lors, « le gouvernement chinois
encourage donc les entreprises à investir en Afrique dans des secteurs aussi variés que le
commerce, l’agriculture, la construction, les mines, le tourisme. » confiait He Wenping,
directeur des études africaines à l’Académie chinoise des sciences sociales de Pékin, à
l’hebdomadaire Jeune Afrique le 8 juin 2009. L’offensive économique ivoirienne, quant à
elle, a été amorcée en mai 2009. Une quarantaine d’officiels et de dirigeants d’entreprises
(Anare, Gestoci, Petroci, Port autonome d’Abidjan, Sodemi, etc.) avaient alors effectué
le voyage de Shanghai, à l’occasion du IIe forum de promotion des matières premières
et de l’industrialisation, du 18 au 22 mai 2009, avec pour objectif d’attirer les grandes
entreprises publiques chinoises en Côte d’ivoire.

«Point n’est besoin d’élever la voix lorsqu’ on a raison»

Dès le début de la crise consécutive à l’élection présidentielle du 28 novembre 2010 en
Côte d’Ivoire, la Chine a appelé les parties prenantes au dialogue en mettant en avant le
dispositif de médiation africain. « Nous apprécions les efforts positifs de l’Union africaine
et de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest pour promouvoir une
résolution pacifique de la crise en Côte d’ivoire », avait déclaré Hong Lei, porte-parole
du ministère chinois des Affaires étrangères chinois, le 6 janvier 2011 à Pékin. Dans le
fond, le discours des autorités chinoises est resté quasi constant durant tout le conflit,
les Chinois repoussant toute idée d’intervention militaire malgré les pressions de la
France. Ce qui a fait dire à certains diplomates français, dans les couloirs de Bruxelles,
que la Chine soutenait Laurent Gbagbo. Sans totalement écarter cette éventualité, il
convient cependant de replacer l’attitude des Chinois dans son contexte idéologique et
stratégique. « Point n’est besoin d’élever la voix lorsqu’ on a raison », aiment à dire les
officiels chinois pour habiller leur refus de toute opposition frontale, même lorsqu’ils
observent – comme dans les cas de la Libye et de la Côte d’Ivoire – que les guerres pour «
sauver les vies civiles » sont aussi des guerres économiques. Et un vrai cauchemar pour
l’expansion chinoise en Afrique. Tout en se dotant des moyens financiers, scientifiques,
technologiques, militaires, diplomatiques et culturels dignes d’une superpuissance, la
Chine – dans son ascension – évite, pour le moment, d’en revêtir les habits [1], limitant
ainsi ses responsabilités dans le désordre international.

«Trop de colle ne colle plus, trop de sucre n’adoucit plus»

D’après de nombreux analystes présents en Afrique du Sud le 4 mai 2011, la Côte
d’ivoire d’après crise était bel et bien dans la ligne de mire de Pékin lorsque Liu Guijin,
représentant spécial de son ministre des Affaires étrangères, déclarait lors du XXIe Forum
économique mondial sur l’Afrique : « Nous allons investir dans des zones industrielles et
contribuer au développement de l’industrie manufacturière. » Parlant du « retour en force
de Paris en Côte d’ivoire », les diplomates chinois estiment, en privé, que « trop de colle
ne colle plus… » même s’ils sont conscients que les échanges entre l’Afrique et l’empire
du Milieu ne sont pas à la hauteur du discours politique [2]. D’ailleurs, « ils ne le sont pas
non plus avec les autres partenaires que sont l’Union européenne ou les États-Unis […]
Nos échanges contribuent quand même à hauteur de 20 % à la croissance africaine »,
se défendent les autorités chinoises qui misent par ailleurs sur un dispositif d’influence
extrêmement rodé. Le leadership chinois sur le continent noir [3] est un mélange de
puissance et de discrétion où rhétorique, remises de dettes, programmes de coopération,
produits bons marchés, constructions d’infrastructures de santé, d’éducation et de sports,
arrosent l’ensemble de la cible, du sommet à la base.

«Il ne faut jamais lancer de pierre lorsqu’ on habite une maison de verre»

L’une des raisons de la percée chinoise en Afrique tient de la rhétorique politique. Les

vertus « gagnant-gagnant » d’une coopération sud-sud et « les rapports d’égalité, de
respect, d’amitié et de fraternité » reviennent constamment aux lèvres des dirigeants
chinois. Au creux de l’oreille ou dans les grands fora internationaux, les officiels chinois
se plaisent à rappeler à leurs homologues africains que « dans les affaires internationales,
la Chine et l’Afrique se sont toujours prêté confiance et concertées pour défendre les
intérêts légitimes des pays en développement. » [4] Les gouvernements africains et chinois
essuient régulièrement les mêmes critiques au sujet des droits de l’Homme et de la
démocratie et vivent généralement toute ingérence étrangère dans leurs affaires intérieures
comme une attaque ennemie. Or la stratégie chinoise enseigne qu’ «il ne faut jamais lancer
de pierre lorsqu’ on habite une maison en verre.» Au delà des enjeux géostratégiques,
c’est là une des principales raisons internes qui justifient que « Pékin préfère l’ordre
établi aux révolutions en pays amis », que ce soit en Côte d’ivoire, en Corée du nord, au
Soudan, en Syrie, au Zimbabwe ou en Libye. Cela étant, la présence du président Sarkozy,
accompagné des dirigeants de grandes entreprises françaises tels que Martin Bouygues,
Michel Roussin, Vincent Bolloré ou encore Alexandre Vilgrain, patron du conseil français
des investisseurs en Afrique (Cian), à la cérémonie d’investiture du président Ouattara, le
21 mai 2011 à Yamoussoukro, montre bien que la France entend toucher les dividendes
de son soutien au nouveau chef de l’Etat ivoirien.

«Pourquoi se jeter à l’eau avant que la barque n’ait chaviré ?»

A Paris, quelques analystes du Quai d’Orsay estiment que « Pékin paiera cher son soutien
au président Gbagbo ». En cause, entre autres, le don de produits effectué le 8 mars 2011
à Abidjan par l’ambassadeur Wei Wenhua. Réagissant à cette question, en privé, un
attaché militaire chinois se défendait ainsi fin mars : «… Mais pourquoi se jeter à l’eau
avant que la barque n’ait chaviré ? » Il faut dire que cette aide chinoise était d’autant plus
sensible que Issa Malick, alors ministre ivoirien de l’Agriculture, avait déclaré: « A ce
moment précis où notre pays traverse l’une des plus grandes crises de son histoire, ce don
de produits agricoles et de matériels mécaniques pour la relance de la riziculture, est un
signe fort qui témoigne du soutien indéfectible de la Chine, grand producteur de riz au
peuple souverain de Côte d’Ivoire.» Toujours fin mars, la décision de Noble Group de
s’acquitter des impôts exigés par Laurent Gbagbo suite à l’ordonnance du 7 mars 2011
prescrivant la saisie et la vente de près de 400 000 tonnes de stocks de cacao entreposés, a
été ressentie par le camp Ouattara comme une bouffée d’oxygène chinoise offerte à un
adversaire placé sous asphyxie financière. Certains stratèges chinois estiment d’ailleurs que
leur gouvernement a manqué de lucidité dans cette affaire. D’autres relativisent,
évoquant « une action humanitaire destinée à sauver des populations civiles » dans le
premier cas, et à « respecter la loi » dans le second. Reçu en audience le 3 mai 2011 par le
président Ouattara, l’ambassadeur de Chine à Abidjan s’est dit soulagé par la fin de la
guerre dans le pays. Wei Wenhua a salué la politique de réconciliation et de réunification
initiée par le nouvel Exécutif, et réaffirmé l’engagement de la Chine à contribuer à la
reconstruction et au développement socio-économique de la Côte d’Ivoire.

«On ne rassasie pas un chameau en le nourrissant à la cuillère»

Bien que l’Hexagone reste, en juin 2011, le plus important partenaire commercial de la
Côte d’Ivoire avec quelque 600 entreprises françaises gérant jusqu’à 30% du Pib ivoirien,
force est de constater que le volume des échanges commerciaux entre Abidjan et Pékin a
connu un bond spectaculaire au cours des dix dernières années, passant d’une soixantaine
de millions de dollars en 2002 à plus d’un demi-milliard USD en 2009. «On ne rassasie
pas un chameau en le nourrissant à la cuillère», ironisent les analystes chinois en pointant
la chute drastique des échanges commerciaux de la France avec l’Afrique: de 40% dans
les années 60 à 2% en 2010 alors qu’entre 2000 et 2010, la Chine a multiplié par dix ses
échanges avec l’Afrique [5], atteignant 129 milliards de dollars et devenant son premier
partenaire commercial. D’après le rapport «La Chine en Afrique» publié le 21 avril 2011
par Renaissance Capital, les échanges entre le continent noir et l’Empire du Milieu
pourraient atteindre 400 milliards en 2015. Devant ce tableau, Pékin espère secrètement
que l’intervention militaire française au pays d’Houphouët-Boigny participe des derniers
soubresauts d’une puissance en déclin.

Guy Gweth, correspondance particulière

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Réconciliation nationale : Dramane Ouattara tend un piège à Banny

Posted on 28 July 2011 by Rédaction de Diaspora Cote d'Ivoire

En confiant la présidence de la commission nationale de réconciliation nationale à son «collègue» Charles Konan Banny Ouattara semble avoir remis à son collègue un «colis piégé», en rendant lui-même l’objectif impossible à atteindre. En politique, parfois, la meilleure façon de discréditer et frustrer quelqu’un, c’est de lui confier une mission dont l’objectif est impossible à atteindre. C’est apparemment le cas de figure en ce qui concerne la commission de réconciliation nationale dont Ouattara a confié la présidence à Charles Konan Banny, banquier, ex-gouverneur de la Bceao et ex-Premier ministre ivoirien. Son «collègue» donc, en quelque sorte. Les deux ayant eu une certaine similitude de parcours pour entrer en politique. C’est à ce collègue dont certains disent beaucoup de bien que le nouveau tenant du pouvoir a confié la mission de réconcilier les Ivoiriens que la Charte du Nord, la rébellion et la guerre, dont on connaît les commanditaires ont divisé, profondément. En fait, Ouattara, après avoir causé les dégâts qui ont divisé les Ivoiriens et le pays en deux (camps), charge son très cher collègue de faire le ménage. Une fois de plus, le mentor du Rassemblement des républicains va réussir, comme il sait si bien le faire, à faire assumer les conséquences de ses actes à quelqu’un d’autre. Il n’aime pas se salir les mains, on le sait. Aussi, son régime, occupé à humilier la Côte d’Ivoire en quémandant de capitale en capitale et en suppliant la France de payer les fonctionnaires ivoiriens chaque fin de mois, laisse-t-il le soin à l’autre banquier de réparer le désastre qu’il a causé. Hélas, pour la Nation et pour le réconciliateur en chef, l’affaire est vraisemblablement mal engagée. Mais ce n’est pas que la noble idée, a priori, de réconcilier les Ivoiriens, après une si longue crise armée, soit en elle-même une mission impossible à réaliser. Sous d’autres cieux, en Afrique du Sud par exemple, le défi à été relevé par la « commission vérité et réconciliation », après plusieurs décennies d’apartheid. Les Noirs victimes d’une longue ségrégation sanglante et leurs bourreaux Blancs sont parvenus, au terme d’un débat franc et sincère, à vivre enfin en frères. En faisant cesser les injustices, les exactions, les poursuites de tous ordres et les brimades. Et surtout, en libérant Nelson Mandala, dont Ouattara et Banny connaissent bien la carrure et l’histoire. Nous ne faisons pas de la comparaison une raison à notre démarche.
L’exemple de Laurent Gbagbo
Mais Banny ne va probablement pas inventer le concept de la «réconciliation». Les grands axes d’une action de réconciliation dans toute société humaine fonctionnent comme des «fondamentaux» qui posent les prédispositions de chacun à aller sincèrement à la paix. Les Sud-Africains l’ont montré. Ici, Laurent Gbagbo l’a fait, en 2011, à travers la Commission nationale de réconciliation. En mettant notamment fin aux poursuites engagées contre Ouattara par le régime Bédié qui avait lancé contre lui un mandat d’arrêt international dans le cadre de leur guerre sur la «nationalité» du second. Avant de faire revenir le premier de son exil parisien, après le coup d’Etat qui l’a renversé le 24 décembre 1999. Mais que nous propose Ouattara au menu de la réconciliation que Banny doit servir au peuple ivoirien ?
Un contexte qui ne se prête pas…
Laurent Gbagbo, sa famille, ses proches et partisans en prison, en exil, pourchassés, traqués, persécutés, torturés, humiliés, tués, dépouillés de leurs biens et avoirs… Son parti et La majorité présidentielle «interdits» de fait de prendre part aux prochaines élections législatives qui précéderont les scrutins municipal et départemental. Des villages à feu et à sang, pour un simple tee-shirt à l’effigie de Laurent Gbagbo. Des Ivoiriens sous la menace quotidienne des armes. Des soldats soupçonnés d’être des pro-Gbagbo poursuivis et jetés en prison ou retrouvés morts lorsqu’ ils ne sont pas en fuite. Des personnes passées à tabac et séquestrées dans les villes et villages du pays, leurs parents rançonnés. Des innocents abattus à bout portant à la kalache par les «forces pro Ouattara» dites aujourd’hui Frci, des victimes achevées au couteau ou à la machette pour leur sympathie à Laurent Gbagbo. Tous ces disparus dont les familles pleurent. Ces gens sommairement exécutés en silence et loin des regards, dont on ne connaîtra jamais le nombre. Des crimes impunis ! Voilà le décor, le «théâtre des opérations» de Banny. Sous les yeux de Ouattara qui ne fait rien pour apaiser les cœurs. Mais qui promet plutôt le Tpi et la prison à vie au camp Gbagbo. Bref, le contexte que Ouattara crée à dessein, même pour le plus grand négociateur ou réconciliateur à la réconciliation. Un confrère proche du pouvoir faisait bien de se demander : «réconcilier qui avec qui ?». Et comment.
Certainement pas des victimes en prison avec des bourreaux en liberté qui n’ont pas l’intention de les libérer pour aller à la paix. Certainement pas des exilés aux trousses de qui on a lancé Interpol avec ceux qui n’entendent pas cesser de les traquer. Sûrement pas des affamés dont on a gelé les avoirs avec des gens qui se sont partagé le gâteau et les privilèges, et dont la table est par conséquent bien fournie. Sans doute pas des Frci qui tuent et qui rackettent avec leurs victimes de tous les jours.
La vérité affranchira le… réconciliateur en chef
Face à ce sombre tableau que lui offre Ouattara, comment Banny s’y prendra t-il pour réconcilier les Ivoiriens ? Des observateurs pensent que Banny pourrait y arriver en demandant à l’homme qui l’a mis en mission de poser des actes de réconciliation. En disant la vérité à Ouattara. En lui suggérant les pistes à suivre dans le sens de la paix vraie. En lui demandant de donner un signal fort pour ramener la confiance entre Ivoiriens. Il ne suffira probablement pas de dégeler au compte-goutte quelques avoirs et de trôner sur un plateau de télévision pour parler du sujet, en accordant de longues interviews à des relais médiatiques, après avoir occupé pendant une journée la voie publique et dansé avec des grelots sous une bâche. Surtout qu’on vient de réhabiliter et de visiter fièrement la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan qui, dorénavant, est censée n’accueillir que Gbagbo et les siens. Tout un programme pour opprimer la majeure partie de la population qui ne croit pas en Ouattara, au moment où l’on parle de réconciliation. Banny, pour réussir sa noble mission, doit regarder Ouattara droit dans les yeux pour lui exiger de créer les conditions du pardon et de la réconciliation. Mais Banny aura-t-il le courage, devant les dérives dictatoriales du nouveau régime et pour « sa propre sécurité », de demander à Ouattara de mettre fin à la traque du camp de Lmp en commençant par libérer Laurent Gbagbo et ses proches ? That is the question.

K. Kouassi Maurice

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Côte-d`Ivoire : Ouattara doit mettre fin aux persécutions des journalistes

Posted on 28 July 2011 by Rédaction de Diaspora Cote d'Ivoire

Monsieur le Secrétaire général Ban Ki-moon: A l`approche de votre rencontre de ce mercredi avec le nouveau président de Côte-d`Ivoire, Alassane Ouattara, et compte tenu de votre engagement de faire une priorité de la liberté de la presse au cours de votre deuxième mandat des Nations unies pour le secrétariat général, nous vous demandons d`exhorter Ouattara à renforcer la primauté du droit, de la l`impartialité de la justice, et la promotion de la réconciliation nationale en mettant fin à la persécution des journalistes et des médias favorables à l`ancien président Laurent Gbagbo. Depuis juillet 2011, les autorités nommées par Ouattara ont tenu Hermann Aboa, un journaliste de la Radiodiffusion Télévision public national Rti, sur un tas de charges antiétatiques – qui comprennent l`incitation à la haine et l’atteinte à la sûreté de l’État – pour son rôle comme l`un des quatre modérateurs d`une émission intitulé Raison d`État qui ventait les actions de Gbagbo, pendant la crise politique de cinq mois. Les accusations d`incitation à la haine et d`atteinte à la sûreté de l’État ne doivent pas être banalisées, et après avoir visionné des images de ce programme, le Cpj estime que ces accusations portées contre Aboa sont sans fondement et sa poursuite sélective est motivée par la vengeance politique. Le gouvernement Ouattara détient également depuis des semaines six autres journalistes, d`anciens journalistes et personnalités des médias sur les mêmes charges antiétatiques prétendument pour leur militantisme en faveur de Gbagbo. Enfin, les combattants des Forces républicaines de Côte-d`Ivoire (Frci), pro-Ouattara, occupent illégalement les locaux de deux médias pro-Gbagbo, Radio Yopougon et du groupe de médias La Refondation, depuis la prise de la capitale économique Abidjan. Les combattants des Frci ont aussi été impliqués dans des actes de brigandage, d`intimidation des journalistes pro-Gbagbo, et de l`assassinat du rédacteur en chef adjoint de Radio Yopougon, Sylvain Gagnetaud Lago, selon des recherches du Cpj, des journalistes locaux et plusieurs témoignages. Les deux protagonistes du conflit ivoirien ont commis des abus contre la presse durant la crise politique. Ouattara est arrivé au pouvoir avec la rhétorique de la réconciliation nationale, mais son gouvernement est plutôt acharné à persécuter les anciens critiques dans la presse concurrente. Nous vous demandons d`encourager Ouattara à réaliser ses promesses de justice et d’équité, faites lors des campagnes électorales, en mettant fin à cette rhétorique de poursuites politisées des journalistes favorables à Gbagbo, et en livrant à la justice les membres de son administration et les forces de sécurité impliquées dans l`occupation des médias et ceux qui harcèlent les journalistes. Nous vous remercions de votre attention à cette question urgente. Cordialement,
Joël Simon, Directeur exécutif

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Saga des Frci dans la sous préfecture de Lakota : 4 personnes atrocement tuées à Gragba-Dagolilié

Posted on 28 July 2011 by Rédaction de Diaspora Cote d'Ivoire

Les villageois de la paisible commune rurale de Gragba-Dagolilié de 300 à 400 habitants, dans la sous-préfecture de Lakota sont encore sous le choc. Pis, ils continuent de dormir non seulement la peur au ventre, mais dans la psychose. S’ils ne se terrent pas en brousse dès qu’ils voient un véhicule venir vers le village. Les faits selon des témoins « remontent au 8 avril dernier, lorsque des éléments des Frci ont fait irruption dans ce village pour non seulement brûler des habitations mais aussi rançonner le chef central M. Seripka Dago » Ce, à la demande d’un burkinabé qui a payé une parcelle de forêt avec un habitant de ce village. Ce dernier aurait trouvé la mort dans des conditions troubles. Alertés par des allogènes, les Frci vont revenir sur leurs traces, c’est-à-dire à Gragba- Dagolilié, pour se venger dans le sang. Le bilan est lourd. Quatre jeunes du village ont été atrocement tués. Il s’agit entre autres de Dago Belia Jean Pierre, le président des jeunes du village, de Dacoury David et de Yayi Gneto David. Comme si cela ne suffisait pas, une délégation conduite par Zarro Kou, Conseiller economique et social par ailleurs membre du Conseil général de Lakota, partie aux obsèques des jeunes tués, le mardi 20 juillet dernier, a failli y laisser sa peau. Il a été non seulement enlevé et traumatisé mais aussi sa voiture et ses portables lui ont été arrachés par les Frci. Sous le fallacieux prétexte qu’il cachait des armes dans son village. Heureusement, M. Zarro a été libéré et sa voiture remise, grâce à l’intervention du Préfet de région de Divo et celui de Lakota.

Elysée Koffi

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Coup d`Etat déjoué, hier/Le colonel de gendarmerie Adou Donga mis aux arrêts

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Coup d`Etat déjoué, hier/Le colonel de gendarmerie Adou Donga mis aux arrêts

Posted on 28 July 2011 by Rédaction de Diaspora Cote d'Ivoire

Le colonel de gendarmerie, Adou Donga, a été mis aux arrêts, hier selon des sources dignes de foi. Cet officier supérieur, ancien chef de cabinet du Général Tiapé Kassaraté Edouard a été arrêté, hier matin par les Frci pour action subversive contre la sûreté de l’Etat. De fait, indiquent nos sources, une perquisition rondement menée au domicile du colonel Adou par des soldats des Frci, a permis de découvrir des armes de guerre. Un important arsenal de combat, certainement stocké en ce lieu depuis la période post électorale. Le gendarme serait en rapport avec des mercenaires pour attenter à la sûreté de l’Etat. Ce sont des informations liées à certaines activités du colonel, notamment aux contacts qu’il n’avait de cesse d’entretenir avec des mercenaires, hors de la Côte d’Ivoire qui auraient permis cette arrestation. Les fins limiers de l’armée ivoirienne qui n’ont jamais cessé de suivre les activités du soldat, ont fini par découvrir le pot aux roses. L’alerte au coup d’Etat, souvent lancé par la presse n’était donc pas un faux scoop. A la vérité, cette arrestation est la preuve qu’il fallait rester vigilant pour éviter d’être surpris par une attaque qui déstabiliserait les Institutions. Le colonel Adou serait actuellement détenu au camp commando de Koumassi et l’enquête suit son cours. Ce grand officier de la gendarmerie nationale, était-il du côté de l’ancien chef de l’Etat, Laurent Gbagbo pour endeuiller des familles ivoiriennes ? A-t-il d’autres complices ? Les enquêtes, nous dit-on, se poursuivent.

Michel Kabangoué

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Lettre ouverte à Monsieur François Fillon

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Lettre ouverte à Monsieur François Fillon

Posted on 25 July 2011 by Rédaction de Diaspora Cote d'Ivoire

J’appelle tous ceux qui continuent à vouloir évoquer les relations financières entre la France et l’Afrique en parlant de “dette publique” à changer de vocabulaire pour le remplacer par “escroquerie néocoloniale”. Selon le dictionnaire de l’académie française « une dette est ce que l’on doit à quelqu’un. »

Monsieur le Premier Ministre

J’appelle tous ceux qui continuent à vouloir évoquer les relations financières entre la France et l’Afrique en parlant de “dette publique” à changer de vocabulaire pour le remplacer par “escroquerie néocoloniale”. Selon le dictionnaire de l’académie française « une dette est ce que l’on doit à quelqu’un. »

Les paysans, la population majoritaire en Afrique ainsi que les petits salariés et entrepreneurs des villes et bidonvilles remboursent par leurs impôts directs et surtout indirects, prélevés sur la plus value de leur travail, ces trop fameuses « dettes publiques ». Ils vivent pour la grande majorité très pauvrement et ont souvent de grandes difficultés pour se nourrir. La grande insécurité matérielle de ces populations prouve qu’elles n’ont pas profité des emprunts faits par leurs gouvernements aussi bien auprès de la France que des autres institutions financières. Elles n’ont donc en bon français pas de dette et ne doivent rien à qui que ce soit ? Ces remboursements qui leurs sont imposés semblent donc illégitimes. Pour en être certain, il faut vérifier l’origine des emprunts et leur utilisation, la représentativité des gouvernements et la bonne foi des préteurs. La France par exemple ne se serait-elle pas servie de la dette pour maintenir ses prérogatives coloniales, l’accès à des matières premières quasiment gratuites indispensables à son boom économique de l’après-guerre et après les indépendances des pays francophones d’Afrique ?

Dès les années 1960, la Banque Mondiale a imposé, aux pays africains nouvellement indépendants, le remboursement des emprunts contractés auprès d’elle par la France et les autres pays colonisateurs afin d’optimiser l’extraction des richesses pour leur propre compte. L’aide au financement d’un port en eau profonde ou d’une voie ferré destinée à transporter exclusivement des minerais ou d’autres matières premières exportées sans transformation, sans rien payer au pays exportateur, doit-elle être assumée par celui qui n’en a aucunement profité ? Bien sûr que non car en droit international cela s’appelle une dette odieuse. La Banque Mondiale a été chargée de poser les premières pierres de la grande escroquerie néocoloniale nommée opportunément « dette publique ».

Plus tard les multiples prêts des pays industrialisés comme ceux de la France, des banques, du FMI comme de la BM serviront à bâtir une structure de contention économique et financière implacable. Le but était d’imposer à ces pays et à leurs peuples, après le départ des armées coloniales, un nouveau moyen d’asservissement apte à assurer la continuité du pillage colonial qui avait favorisé l’enrichissement de la France et de l’Europe. N’oublions pas qu’au sein de la Banque Mondiale, la France détient avec 65 millions d’habitants 4,31% des voix quand un milliard d’Africains n’en a que 5,86%.

Les premiers présidents africains, les véritables démocrates qui avaient voulu sortir leur pays de l’ornière coloniale dans laquelle les réseaux Foccart – mis en place par De Gaulle dès les indépendances- voulaient les maintenir, ont été assassinés tels Lumumba, Sylvanus Olympio et Sankara, d’autres ont été écartés de force. Les prêts ont avant tout servi à corrompre les décideurs africains restants. Le bond économique et industriel des trente glorieuses n’aurait pu exister en France sans le maintien d’un extractivisme néocolonial des matières premières, quasiment gratuites, au profit de ses entreprises : pétrole, coltan, cuivre caoutchouc, bois précieux, coton, café, cacao, etc., n’oubliez pas les révélations de l’affaire ELF.

Mais revenons aux populations africaines sur qui pèse le poids des remboursements de la « dette publique ». Ont-elles eu des informations sérieuses leur offrant la possibilité de connaitre le montant des emprunts, leurs destinations et la possibilité d’émettre des choix ? Ont-elles reçues des sommes d’argent de la France ou de la Banque Mondiale leur permettant d’améliorer l’agriculture paysanne essentielle à leur survie ou d’investir dans les petites entreprises de transformation ?

Les réponses sont négatives. Si on ne sait pas précisément à quoi a servi l’argent des multiples emprunts, on connait par contre le haut niveau de corruption des bourgeoisies locales, les projets appelés éléphants blancs, comme la Cathédrale de Yamoussoukro en Côte d’Ivoire, copie de St Pierre de Rome dont la construction a surtout profité aux entreprises françaises ou le barrage d’Inga en RDC. On sait, la Banque Mondiale savait quand elle lui prêtait, que la fortune colossale de présidents comme Mobutu de l’ex Zaïre était égale à la dette du pays. Or ce sont ces escroqueries que l’on qualifie de « dettes publiques » et que les peuples africains remboursent depuis des décennies.

Pour savoir si le contrat d’endettement signé au nom du peuple était valable, il faut disposer de plusieurs éléments. Ces gouvernements étaient-ils libres de leurs choix ? Représentaient-ils légitimement leurs peuples à la suite d’élections démocratiques, étaient-ils en capacité de signer ces contrats de prêts engageant leur pays pour des dizaines d’années ? Ces sommes empruntées, sous forme d’investissements productifs auraient pu produire des plus values, offrant ainsi les moyens de rembourser les dettes de l’Etat emprunteur. Les préteurs, banques du nord, France ou Banque Mondiale, ont-ils respecté ces conditions sans lesquelles le contrat de prêt doit être déclaré nul et ne peut donc pas engager légalement les populations à les rembourser ? Ces sommes empruntées ont-elles réellement servi à l’amélioration de la vie des populations ? NON !

En 1980, quand les taux de référence anglo-saxons ont été multipliés par trois et que les emprunts africains indexés sont devenus impossible à rembourser, le FMI a saisi l’occasion pour imposer aux populations des plans d’austérité draconiens. Ouverture des frontières à la concurrence déloyale des produits subventionnés du Nord, liberté de mouvements des capitaux du Nord, privatisation des entreprises publiques par le chantage aux nouveaux prêts de secours du FMI, de la BM et des pays industrialisés, restrictions des dépenses publiques en faveur des populations. Ces mesures ont accentué le néocolonialisme, la gigantesque escroquerie appelée « dette publique » a alors lourdement appauvri les peuples africains et fortement enrichi leurs créanciers et les entreprises transnationales qui se sont implantées à la faveur de ces plans.

Vous nous demandez d’abandonner le mot Françafrique mais c’est surtout son sous-entendu Françafric qui vous dérange. Quand vous déciderez d’abandonner la gestion néocoloniale du Franc CFA alors nous oublierons ce mot. Car ce sont des milliards d’euros de réserves des peuples africains qui se trouvent dans les caisses du Trésor français. Cette gestion par la France, bride les économies africaines en arrimant leur monnaie aux fluctuations de l’Euro et leur enlève une part importante de leur souveraineté en les privant d’un important levier économique. Accepteriez-vous que l’Euro soit géré par la Côte d’Ivoire ?

Alassane Ouattara est le nouveau président de la Côte d’Ivoire grâce à l’intervention de la force armée française Licorne. Il est un économiste formé dans les universités américaines et un ancien directeur du département Afrique du FMI. Soyons certains qu’il saura renvoyer l’ascenseur et permettre aux entreprises françaises de continuer à exploiter les travailleurs de son pays et à en extraire les matières premières leur assurant de splendides profits dans une continuité néocoloniale sans faille. Il continuera à rembourser la dette publique selon les critères de la « bonne gouvernance » imposée par le FMI et la Banque mondiale.

Pourtant, depuis des décennies les pays ex-colonisateurs en premier, tous les pays industriels et leurs entreprises transnationales extractivistes ensuite, sont responsables des désastres environnementaux et du réchauffement climatique. Ils ont créé une dette écologique envers les pays africains qui subissent le plus fortement ces pollutions sans y avoir participé. Cette dette énorme n’a pourtant jamais été honorée. Le fonds vert institué à Copenhague – qui se veut être une forme de compensation à cette dette écologique – doit financer les mesures d’adaptation au réchauffement climatique. Or il sera géré par la Banque mondiale. Une fois de plus les mesures qui s’annoncent seront en faveur du verdissement du capitalisme, pour lui refaire une image, et non pour aider les peuples africains, les premiers touchés par ces dérèglements.

Mais il nous faut rester optimistes, un jour le combat des populations africaines et des associations françaises aboutira à ce que les dettes publiques illégitimes et odieuses soient annulées, lorsqu’un audit citoyen aura été mis en place et ces conclusions reconnues, comme cela a été fait en Equateur en 2008. Alors cette escroquerie néocoloniale prendra fin. Le FMI et la BM lâcheront enfin les pays africains comme l’on exigé certains pays d’Amérique du sud tels la Bolivie et l’Equateur. Ces pays pourront alors se protéger contre la concurrence déloyale des pays industrialisés comme la France qui subventionne son agriculture et exporte dans un système de concurrence faussée en étranglant les petits producteurs africains. Le café ou le cacao pourra entrer en Europe, après transformation locale, le rendant prêt à consommer, sans payer de taxes douanières. Les forêts primaires ne seront plus vendues en bois d’œuvre ou transformées en huile de palme exportée pour payer les dettes illégitimes. Alors, oui ce jour là, Monsieur Fillon quand « Dette publique » ne sera plus synonyme d’escroquerie néocoloniale, nous ferons disparaitre du vocabulaire le mot Françafrique.

Nicolas Sersiron 

Vice-président du CADTM France (cadtm.org)

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MICHEL GALY (politologue): « LA COTE D’IVOIRE EST RETOURNEE 50 ANS EN ARRIERE, DEPUIS LE 11 AVRIL, VERS SON FUTUR! »

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MICHEL GALY (politologue): « LA COTE D’IVOIRE EST RETOURNEE 50 ANS EN ARRIERE, DEPUIS LE 11 AVRIL, VERS SON FUTUR! »

Posted on 25 July 2011 by Rédaction de Diaspora Cote d'Ivoire

Michel Galy
Depuis la chute du régime de Laurent Gbagbo, le 11 avril 2011, la diplomatie et l’armée française sont en première ligne à Abidjan. Selon le politologue Michel Galy, cette situation ramène la Côte d’Ivoire 50 ans en arrière.

 
Quels que soient les arguments mis en avant pour arbitrer le différend postélectoral entre Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, il n’en demeure pas moins que l’armée française a été contrainte par le pouvoir politique à la plus importante opération depuis la guerre d’Algérie et la sanglante opération de répression contre l’Union des populations du Cameroun (UPC), au Cameroun. Et ce dans des circonstances encore floues, tant dans la préparation en amont de l’opération avec la mission de l’ONU en Côte d’Ivoire (ONUCI) et avec l’ex-rébellion, bras armé du pouvoir d’Alassane Ouattara, que dans le bombardement d’objectifs plus symboliques que militaires. Tous les observateurs savent bien, une fois le drame retombé, que le bombardement de la présidence et de la résidence présidentielle d’un pays étranger n’entre pas dans le cadre d’un quelconque mandat onusien! Quand les armes lourdes, les tanks et les hélicoptères d’assaut des deux corps expéditionnaires occidentaux tirent sur de tels objectifs (résidence, présidence, hôpital et supermarché, foule de jeunes civils voulant servir de «bouclier humain», etc.), qui pourrait croire à l’application de la résolution 1975, censée protéger les civils?

 
Un coup d’Etat programmé

 
Il s’est agi de toute évidence de changer de régime et de président, en prenant le contrôle d’une capitale de 5 millions d’habitants. En toute clarté terminologique: un coup d’Etat franco-onusien. A quel prix? Voilà un point qu’une commission d’enquête parlementaire ou internationale ou pourquoi pas un rapport enfin objectif d’organisations de droits de l’homme-décidément bien ambiguës, pourraient éclaircir. A moins que des chercheurs africanistes, que l’on a connu plus diserts pour condamner le régime précédent, se livrent à des enquêtes de terrain ou des analyses argumentées. Il est question, lors de ce coup d’Etat, de centaines ou de milliers de morts, dont nombre de civils désarmés. Où est la vérité? Les forces pro-Ouattara ont torturé et exécuté plusieurs milliers de civils, tant à Yopougon (quartier pro-Gbagbo) que dans l’ensemble de la capitale, et commis des crimes de guerre dont Duékoué n’est que l’exemple le plus connu.

Qui nous donnera des chiffres exacts et détaillera la complicité, même dans la passivité, des forces occidentales? Tout ce qu’on sait de la «triple alliance»force Licorne, Onuci-FRCI (Forces républicaines de Côte d’Ivoire, ex-rebelles pro-Ouattara) font craindre une implication de l’armée française plus importante qu’au Rwanda.

 
Une gouvernance de l’ombre en Côte d’Ivoire

 
Ces graves problèmes sont en fait la conséquence d’une délégitimation programmée du régime précédent, coupable sans doute d’une résistance larvée à une volonté de normalisation franco-africaine, et d’une volonté pourtant très relative de se tourner vers de nouveaux partenaires, comme la Chine. Délégitimation intellectuelle et politique, depuis Paris et Abidjan, concomitante à une aide multiforme au coup d’Etat de 2002 où les forces de Guillaume Soro et Alassane Ouattara ont conquis les deux tiers du pays. Cette descente vers le Sud des conquérants dioulas n’a été possible in fine que grâce à l’aide des services français et de la force Licorne, dont seules les grandes lignes sont connues. «Et maintenant, on fait quoi?», disent volontiers les Abidjanais… La «tentation coloniale»semble se traduire par une mise en coupe réglée du pays et, pire encore, une mise sous tutelle du nouveau régime, qui ramène 50 ans en arrière. Tous les observateurs le savent: en cas de retrait de la force Licorne et des troupes de l’ONU, l’armée et le régime Ouattara ne tiendraient pas longtemps dans une ville qui leur reste majoritairement hostile. D’où la tendance, pour les responsables français d’Abidjan, à se substituer ou à collaborer aux centres de décision ouattaristes: de nommer très récemment, par exemple, un colonel français au poste de conseiller sécurité à la présidence.

Le retour des institutions internationales, et particulièrement françaises, comme l’Agence française de développement (AFD), (absentes depuis 10 ans, avec la volonté implicite de couper toute aide au régime Gbagbo) se traduira par des experts étrangers tout puissants et par des conditionnalités renforcées: une gouvernance de l’ombre qui formate en amont projets et programmes. Décapitalisation aussi de l’économie: de nombreuses sociétés d’Etat seraient alors privatisées, comme pendant la primature Ouattara, au profit de ses proches (et des clients étrangers) qui trustent déjà ministères et postes-clés —au détriment du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI, ancien parti unique de Felix Houphouët Boigny de 1960 à 1990, de droite, à tendance libérale), décidément la dupe du coup d’Etat.

Les matières premières comme le café, le cacao et surtout le pétrole offshore du golfe de Guinée sont bien plus importants, et les Américains sont à l’affût, en rivalité directe avec les entreprises françaises.

 
L’opposition muselée

 
Le prix de ce retour à l’ordre colonial est hélas celui d’une brutale criminalisation de l’opposition, de l’incarcération et de la déportation de ses dirigeants —tandis qu’une répression multiforme décime ou terrorise ses partisans. Le plus scandaleux est la déportation non seulement de Laurent Gbagbo à Korhogo, mais de sa famille (son fils, de nationalité française, Michel Gbagbo, qui subit des mauvais traitements à Bouna, est-il coupable d’un«délit de parenté»?) et des «Cents d’Abidjan» eux aussi emprisonnés dans des conditions indignes dans des zones hostiles, malgré la présence complice des troupes de l’ONU. Les conventions de Genève stipulent des conditions de détention décentes et la possibilité de consulter un avocat; des droits déniés à ces prisonniers politiques ivoiriens.

Encouragé par l’absence de réactions internationales, le pouvoir vient très récemment de déporter à Boundiali les réfugiés de la Pergola, hôtel où, dans une sorte de guet-apens, l’ONU était censé assurer leur sécurité. Le Premier ministre Aké Ngo Gilbert, que j’ai connu dirigeant l’université d’Abidjan et garant scientifique des remarquables colloques de 2010 (pour fêter les 50 ans des«indépendances»!) a-t-il fait autre chose que de gérer honnêtement une situation économiquement très difficile depuis les élections?

On a hélas l’impression qu’au-delà de l’opposition, ce sont les élites intellectuelles et même les classes moyennes qui sont condamnées, tandis que les criminels de guerre et autres rebelles reçoivent les prébendes et la reconnaissance internationale!

 
Abidjan «hors de contrôle»

 
Sur le plan militaire, les pouvoirs français et ivoiriens (ou«franco-ivoiriens»?) sont devant un dilemme: soit ils s’appuient sur les FDS (Forces de défense et de sécurité) pro-Gbagbo, foncièrement hostiles à l’armée de Ouattara; soit ils aident comme pendant la «bataille d’Abidjan»(entraînement, logistique, armes et uniformes) les rebelles pro-Ouattara, dont tout laisse deviner qu’il ne suffit pas de les baptiser «FRCI» pour que cessent leur pratiques de prédation. L’amalgame étant difficile, si ce n’est impossible, tant les deux factions militaires sont hostiles, l’armée française peut être tentée de se substituer à l’armée ivoirienne (comme sous le président Houphouët-Boigny) ou de l’«encadrer», c’est-à-dire de la diriger par une présence massive de «conseillers», comme au Vietnam autrefois, ou en Libye aujourd’hui.

La situation à Abidjan est en effet «hors de contrôle», selon l’aveu des dirigeants civils pro-Ouattara: outre les centaines de meurtres d’opposants, notamment à Yopougon, d’immenses quartiers comme Angré ont été totalement pillés; plus de police et de gendarmerie, et les Dozos (qui auraient massacré un millier de civils à Duékoué) sont dans les commissariats.

Dès lors la tentation est grande pour les Franco-onusiens d’aider le gouvernement Ouattara à éliminer les rebelles les plus dangereux, sur le modèle de la liquidation d’Ibrahim Coulibaly, ce qui entraînerait plus loin les forces occidentales dans les violences ivoiriennes.

Contre ce programme néocolonialiste, une autre politique franco-ivoirienne se dessine, qui pourrait favoriser un retour à la paix civile et à des élections législatives représentatives, faute de quoi l’hypothèse d’un nouveau cycle de violences ne serait pas à exclure, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur du pays. Retrait des deux corps expéditionnaires occidentaux, libération des prisonniers politiques et réintégration de ceux-ci dans le jeu politique en seraient les points-clés. Dans le cas contraire, la «bataille d’Abidjan» et ses nombreuses victimes aurait été menée pour rien: à terme, les intérêts et même les ressortissants français courraient de graves dangers, tant le ressentiment est important à Abidjan. Décidément, l’image quasi «bushienne» de lutte du bien contre le mal, comme en Libye? N’était pas très réaliste… Pas plus que celle d’un«post-conflit» idyllique et consensuel. On parierait qu’un terrible scandale politico-médiatique reste à venir, quand on saura enfin ce qu’il s’est réellement passé à Abidjan, il y a aujourd’hui trois mois.

 

MICHEL GALY, POLITOLOGUE

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COTE D’IVOIRE : DIX ANS DE COUPS D’ETAT DE LA FRANCE, DU JAMAIS VU !

Posted on 25 July 2011 by Rédaction de Diaspora Cote d'Ivoire

La Côte d’Ivoire est devenue officiellement colonie de la France en 1893.
A la fin de la deuxième guerre mondiale où la France fut libérée, entre autre, par les Africains, ces derniers réclamèrent aussi leur liberté. En réponse, la France colonialiste, sous la houlette du Général de GAULLE, leur « proposa » de choisir, en 1958, entre la communauté avec la France ou l’indépendance. Seule la Guinée Conakry avait voté pour l’indépendance. En réalité, Sékou TOURE avait compris l’hypocrisie de la France qui, astucieusement, demandait aux Africains plutôt : « Si vous voulez l’indépendance, prenez la Communauté et si vous voulez la Communauté, prenez la Communauté »(vous avez bien lu). En vérité, la France ne laissait aucun choix aux pays africains.
Il a fallu la pression des USA, de l’URSS et les luttes de libération des pays d’Asie du Sud-Est pour la contraindre, en 1960, à accorder l’indépendance nominale aux pays africains dont la Côte d’Ivoire.
Le malheur de la Côte d’Ivoire va commencer au moment où, Houphouët-Boigny qui s’était désapparenté du Parti Communiste Français en 1951 et qui, en 1958, a appelé à voter « oui » pour la Communauté, va devenir le premier Président de ce pays. En fait, de 1958 à 1960, la France va sélectionner et préparer une classe d’hommes politiques africains pour « noircir » simplement l’occupant du fauteuil présidentiel, dans leurs futurs états « indépendants ». Ceux-ci doivent être soumis, dociles et fidèles à la France, en fait des bénis « oui oui ». Houphouët-Boigny mettra tout son génie politique en œuvre, pour jouer ce rôle à merveille. Souvenez-vous de sa politique de dialogue avec les tenants de la politique raciste de l’apartheid en Afrique du Sud. Son soutien à la guerre de sécession du Biafra au Nigéria continue de faire la honte de tout le peuple de Côte d’Ivoire. Il a tant et si bien joué ce rôle, que la France fait feu de tout bois pour lui trouver, aujourd’hui, une copie conforme. C’est ce qui l’a conduite à soutenir, fomenter ou exécuter des coups d’état répétés dans la quasi-totalité de ses anciennes colonies.
1.      Le coup d’état dès 2001
Le profil de financier de renommée internationale du Burkinabé Alassane Ouattara et ses accointances mystiques avec les dirigeants français, a séduit la France au point où elle veut faire de lui le successeur d’Houphouët-Boigny. Ouattara sera imposé à Houphouët rongé par la maladie, dépassé par l’évolution rapide de la situation internationale et qui montrait des signes de ne plus pouvoir assurer correctement le contrôle de la situation nationale. Ouattara sera, Président du Comité Interministériel c’est-à-dire un super ministre alors qu’il n’était pas encore ministre (bizarre !) puis premier Premier Ministre de Côte d’Ivoire. Sa mission était, entre autre, de faciliter l’application des plan et facilité d’ajustement structurel, panacée de redressement des économies des pays en développement, en fait des pays appauvris par les occidentaux. Ces véritables sangsues économiques et monétaires rendent aux pays pauvres, par des dons et prêts divers, une infime partie de leurs richesses prélevées antérieurement et abusivement.
Ouattara avait pris ce travail à bras le corps, quand, en décembre 1993, la mort arracha Houphouët à l’affection de tous. Pressenti par la France, il ne peut succéder à Houphouët, la constitution ivoirienne ne le lui permettant pas. Toutefois, il a mené une résistance farouche pour empêcher Bédié, constitutionnellement indiqué, de prendre le pouvoir. En 1999, à l’issue du coup d’état, une radio internationale française a même annoncé Ouattara comme étant le nouveau Chef d’Etat. Il se signale déjà comme un adepte patenté des coups d’état mais ne pourra exercer la fonction de chef d’Etat que lui a ravi Le général GUEI.
Aux élections présidentielles de 2000, Ouattara n’a pu passer les mailles de la constitution ivoirienne en raison, selon la Cour Suprême, de sa nationalité douteuse. La France et son poulain se rendent compte que ce dernier n’est pas la clé constitutionnelle pour la serrure Côte d’Ivoire.
Elle décida alors de faire de Ouattara le Président de la Côte d’Ivoire vaille que vaille. C’est pourquoi dès l’accession de GBAGBO au pouvoir et surtout à partir de 2001, celui-ci doit faire face à de nombreuses tentatives de coups d’état. Ces échecs vont conduire la France à prendre une part  plus active et multiforme au coup d’état du 19 septembre 2002.
2. La France et la Rébellion
Ayant choisi de jouer la carte Ouattara contre Laurent GBAGBO, fondamentalement panafricaniste, l’impérialisme rétrograde français n’hésitera pas un seul instant à se servir de la rébellion pour régler le compte de GBAGBO. Dès les premiers coups de feu à Abidjan, le 19 Septembre 2002, la France de CHIRAC propose un asile doré à L. GBAGBO alors que celui-ci effectuait une visite officielle en Italie. Ce n’était qu’un grossier traquenard pour le maintenir loin du pays et parfaire le coup d’Etat. GBAGBO décline l’offre et retourne immédiatement en Côte d’Ivoire.
A partir de ce moment, la France s’engage sur tous les fronts en utilisant tous les moyens à sa disposition :
- Au niveau militaire, elle demande une trêve de trois jours pour armer et organiser les rebelles à Bouaké, prétextant l’évacuation des ressortissants français de Bouaké à Abidjan. Par ailleurs, elle utilisait des journalistes français comme indicateurs au profit des rebelles.
- Au niveau diplomatique, la France initie et rédige des projets de résolutions onusiennes allant contre l’intérêt du pouvoir légal ivoirien. Ce sera une arme redoutable entre ses mains, qu’elle usera et surtout en abusera de 2002 à 2011.
- Au niveau politique, elle tient en laisse tous les régimes de ses néo colonies qui ne vivent en paix que lorsqu’elles obéissent au diktat de la France.

Par manque de courage politique, la France se mettra sous le parapluie diplomatique des organisations internationales pour prendre des décisions iniques. Ainsi, l’UEMOA, la BCEAO, la CEDEAO, l’UA, l’UE et même l’ONU seront instrumentalisées. Enfin, la France sabotera les rencontres d’Accra, Lomé, pour Marcoussis et Kléber conçus pour dépouiller GBAGBO de tous les pouvoirs et détruire les institutions ivoiriennes. C’est elle qui s’opposera au désarmement des rebelles en vue de parachever son coup d’état électoral programmé depuis belle lurette.
L’objectif des autorités francaises est simple. Laisser GBAGBO appliquer son programme jusqu’à terme, c’est rendre difficile l’arrivée des poulains de la France au pouvoir par des élections libres et démocratiques. Il faut donc empêcher l’exécution de ce programme ambitieux pour la Côte d’Ivoire et susceptible, par la suite, d’ouvrir la voie d’une libération totale à d’autres pays africains. Pour la France, l’enjeu était « plus jamais de deuxième Guinée-Conakry » ; il faut alors mater ce régime au « nationalisme exacerbé ». Pour ce faire, elle va prendre suffisamment de précaution dans la préparation et la distribution des rôles.
Les rebelles doivent créer le maximum de troubles et bloquer l’administration officielle autant que possible. La France doit les protéger et n’intervenir militairement qu’à des moments décisifs, en prenant toutes les précautions pour masquer sa lâcheté.
La France a privilégié ses intérêts par l’utilisation de la rébellion en ne respectant pas l’accord de défense la liant à ses néo-colonies d’Afrique. Au titre de cet accord, la Côte d’Ivoire doit s’adresser à la France pour s’équiper militairement et lui demander assistance en cas d’agression. En 2002, à la demande expresse du Président GBAGBO pour appliquer cet accord, la France refuse prétextant que c’est un conflit interne alors qu’elle attaquait notre pays par le biais des rebelles venus du Burkina Faso. Pourtant et pour mémoire, cette même France est déjà intervenue trois fois en Afrique : une fois au Gabon pour remettre au pouvoir son pion Léon M’BA, déchu par un coup d’état, deux fois en Côte d’Ivoire, chez les Sanwi, région d’Aboisso dans le Sud-Est et chez les Guébié, région de Gagnoa dans le Centre-Ouest pour conforter le pouvoir d’Houphouët et protéger leurs intérêts français.
Avant Marcoussis, le jeu de la France paraissait flou mais après cette table ronde et le sommet de Kléber, la roublardise de la France fut mise à nu. La France s’est ainsi dévoilée en proposant que Laurent GBAGBO devienne un président de figuration, l’essentiel de son pouvoir devant être transféré au Premier Ministre choisi par la France et proche de la rébellion. Le Président GBAGBO, pour marquer sa volonté d’aller à la paix, a accepté de se séparer de son Premier Ministre AFFI N’Guessan et de nommer des rebelles dans son gouvernement. Se rendant compte que les rebelles, poussés par la France, ne posaient aucun acte positif conduisant à la paix, le Président GBAGBO a décidé de sortir les ivoiriens de la crise dans laquelle ils s’embourbaient de plus en plus.
Ainsi, en Novembre 2004, l’opération « Dignité » pour la libération de Bouaké et des régions Centre, Nord et Ouest (CNO) fut décidée et exécutée avec tact et sans bavure sur les objectifs militaires des rebelles. La France, se rendant compte du début de son échec passe à la vitesse supérieure. Lâchement, elle détruit au sol toute la flotte aérienne ivoirienne prétextant que huit de ses citoyens auraient été tués. Si c’était vrai alors paix à leurs âmes. Mais que faisaient ces français à ces endroits et à ces moments précis car la France avait été informée de ces frappes aériennes sur des objectifs militaires bien localisés. Qu’à cela ne tienne, qu’allait faire cette colonne de chars français à la résidence du Président GBAGBO dont le régime fut sauvé par la mobilisation exceptionnelle de tous les patriotes ivoiriens et africains ?
Après cet épisode qui n’a rien à envier à celui de Charpeville, en Afrique du Sud, où de nombreux africains périrent sous les balles assassines des tenants de l’apartheid, on a dénombré en Côte d’Ivoire 74 morts par balles et plus de 1000 blessés.
En effet, l’armée française, à balles réelles, à partir de chars, d’hélicoptères et de snippers, a délibérément tiré sur les manifestants aux mains nues. Au passage, il faut remarquer que ceux qui ont tiré, n’étaient pas à portée de main des manifestants, donc nullement en situation de légitime défense.
Pire, nous avons appris, peu après, que l’Assemblée Nationale Française a adopté un texte permettant de ne pas traduire devant les tribunaux ces meurtriers français de Novembre 2004 en Côte d’Ivoire. Ce texte français blanchit-il également ces bourreaux aux yeux de la CPI de la Haye ?
Dans cette guerre contre la Côte d’Ivoire, chaque fois que la France est acculée, elle appelle l’ONU à son secours. C’est ainsi qu’après ces heures chaudes, la France propose un embargo sur les armes contre la Côte d’Ivoire. On le comprend, l’objectif étant d’affaiblir le régime du président Gbagbo, toutes les résolutions de l’ONU adoptées sous la houlette de la France sont orientées contre le gouvernement légal.
C’est dans ce contexte qu’a été créé le Groupe International de Travail (GTI) qui devrait se substituer, incognito, aux institutions ivoiriennes que la France vouait à la mort, n’eut été la vigilance des patriotes ivoiriens.
Mais la France va arriver à ses fins nonobstant cette formidable et historique mobilisation des ivoiriens en capturant le président GBAGBO le 11 Avril 2011.
3. Le renversement du Président GBAGBO
La dernière phase de la guerre a été baptisée de crise post-électorale. Ce vocable est intellectuellement malhonnête et incorrect car tout ce qui s’est produit après le scrutin est l’aboutissement naturel de ce qui a précédé ces élections. En réalité, c’est une crise qui, à leurs yeux, justifie un coup d’état électoral contre GBAGBO ; une belle façon de disculper la rébellion et la France.
C’est pourquoi la France et ses alliés ont imposé à GBAGBO d’accepter et de promouvoir l’idée des élections avant le désarmement.
Il faut rappeler qu’au premier comme au second tours, la CEI avait pris sur elle d’annuler certains résultats. L’impossibilité de délibérer, au second tour,  sur des  cas litigieux des zones aux mains des rebelles a conduit à la forclusion de la CEI. Le conseil constitutionnel s’est  alors vu dans l’obligation de s’autosaisir.
Alors qu’au premier tour, il a fallu attendre les résultats proclamés par le Conseil Constitutionnel avant que l’ONU ne se prononce. Au second tour, la France et le camp Ouattara, malgré la forclusion de la CEI, obligent le Président BAKAYOKO, à livrer, contre toutes les règles de droit, des résultats imposés par la France, au Quartier Général du candidat Ouattara.
Sans attendre la proclamation des résultats par le Conseil Constitutionnel , le Représentant Spécial du Secrétaire Général de l’ONU a certifié les résultats du camp Ouattara.
A la proclamation des résultats officiels et juridiquement inattaquables du Conseil Constitutionnel, juge suprême des élections, la France,  les USA, l’ONU et la communauté Internationale décident de bafouer cette institution en ne considérant que les résultats présentés par BAKAYOKO Youssouf.
L’appel du Président Gbagbo au recomptage des voix et donc à une simple vérification comme cela fut le cas aux Etats-Unis d’Amériques en 2000 et en Haïti en 2010, sous contrôle de l’ONU a été catégoriquement rejeté. GBAGBO n’a pas demandé qu’on le soutienne parce qu’il est africain, mais le bon sens commande qu’on soutienne au moins le recomptage des voix car il n’y a que ces voix qui portent à la tête de l’Etat en pareille situation.
La coalition France et consorts qui avait déjà planifié son coup d’état électoral va trouver l’argument fallacieux d’une injustice contre le camp Ouattara. Ces faits attestent d’actions préméditées constituant un hold-up électoral pour masquer le coup d’état de la France contre le régime de GBAGBO.
Le représentant du Secrétaire Général de l’ONU, le sud coréen CHOÏ est sommé par la France de certifier le résultat arraché au président de la CEI. On peut croire que cette certification hâtive lui est imposée en échange du soutien de la France à la réélection de son compatriote au Secrétariat Général de l’ONU. Rappelons que la France dispose d’un droit de veto et sait le vendre.
Gbagbo, abandonné de ses paires africains, était devenu une proie facile pour la France arrogante de Sarkozy devenu fou furieux qui prendra des décisions inhumaines, indignes de la France des Droits de l’Homme :
-       Fermeture des banques ; quel calvaire pour les ivoiriens et quelle honte pour la BCEAO, la France et les pays africains de l’UEMOA  et de la CEDEAO!
-       Embargo sur les médicaments ; Oh ! quelle ignominie et cela sans aucune réaction de l’OMS, sans doute gagnée à la cause Sarkozienne !
-       Aliénation incroyable de la presse française qui, de façon ahurissante, dit tout sauf ce que Gbagbo fait ; honte aux média et politiciens français habitués, depuis la colonisation, à exploiter le mensonge comme moyen politique privilégié d’assujettissement des peuples !
-       Fourniture d’armes de façon irresponsable à des jeunes tout aussi irresponsables sur l’ensemble du territoire pour gonfler les effectifs de la rébellion; la France a-t-elle perdu le nord ?
-       Attaques, par l’armée française, des positions des FDS sur tous les fronts à l’aide d’hélicoptères et chars de guerre ; les politiciens français ne prouvent-ils pas leur relent caché de nazisme ?
-       Pilonnages répétés de la résidence du Président GBAGBO entraînant des milliers de morts ; quelle folie meurtrière !
-       Convoyages des rebelles par la licorne et l’Onuci sur tous les fronts ; était-ce le mandat à eux confié par l’ONU ?
-       Pilonnages de sites civils et militaires à l’aide d’armes lourdes, interdites à l’armée ivoirienne par l’ONU, à l’instigation de la France ; quelle lâcheté !

Ce fut, pendant ce moment tragique, la guerre ouverte de la France, aidée de l’ON, à cause des produits agricoles et miniers et particulièrement du pétrole du Golfe de Guinée comme ce fut le cas au Biafra (Nigéria), en Angola, au Tchad, au Soudan et aujourd’hui en Lybie. A qui le prochain tour ?
A vous, détenteurs de richesses naturelles et particulièrement de gisements pétroliers, préparez-vous à faire front à l’impérialisme aveugle des occidentaux.
Ainsi, après avoir obtenu l’aval de tous les pays impérialistes et leurs satellites en Afrique, la France et l’ONUCI font investir tous les lieux habités de la Côte d’Ivoire par des bandes armées afin d’anéantir toute velléité de manifestations de soutien à GBAGBO. Dans ce climat de terreur généralisée, la France frappe à l’arme lourde les camps des FDS, le palais de la Présidence de la République et la résidence du Chef de l’Etat pour l’arrêter le 11 Avril 2011.
Pour conclure, la France doit sa victoire à sa puissance militaire, mais c’est une victoire méprisable et honteuse car comme disait Blaise Pascal « La force sans la justice est tyrannique ».Elle nous rappelle la victoire de l’Allemagne nazie sur la France du Maréchal Pétain.
Tous les patriotes ivoiriens et en premier le Président Laurent GBAGBO méritent respect et admiration pour le combat qu’ils ont mené, depuis 2001, sans bouclier et sans aucun allié. Ils ont perdu simplement parce que comme le disait l’inévitable PASCAL : « la justice sans la force est impuissante ».
C’est un échec honorable et provisoire car certainement, des leçons de cette défaite vont germer les actions libératrices des peuples opprimés et exploités de Côte d’Ivoire, d’Afrique et d’ailleurs.  C’est alors que nos richesses cesseront d’être la source de nos malheurs et qu’elles deviendront l’objet de notre bonheur.

Ainsi donc les dix ans de coup d’état (à inscrire au record Guinness) de la France en Afrique a débuté en 2001 par des tentatives répétées de putschs pour conduire à la rébellion de 2002, puis à l’échec du coup d’état électoral de décembre 2010. Il s’achève  par le coup d’état militaire de la France aidée de l’ONU qui a renversé le président Gbagbo, ce patriote, digne fils d’Afrique.
Comme le disait le français Charles DE GAULLE pendant l’occupation nazie, la Côte d’Ivoire de GBAGBO a « perdu une bataille mais pas la guerre ». Ce n’est donc que la fin d’une bataille mais pas la fin de la guerre de libération que l’Afrique remportera, certainement, pour le bien de ses enfants.

Une Contribution de Patriotes seniors

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